Cette entreprise, fondée en 2011 en Bretagne et installée à Le Havre depuis 2020, utilise deux grands voiliers-cargos pour effectuer la liaison entre Le Havre et l'Amérique, transportant des charges comme du café. Ces voiliers, parmi les plus importants du monde fonctionnant grâce à l'énergie éolienne, permettent de réduire de manière significative l'empreinte carbone du transport maritime.
Bien que de nouvelles lignes vers le Brésil aient été établies et que six voiliers soient en construction en Asie, le fondateur a été contraint de déclarer faillite cette semaine.
Le tribunal des activités économiques du Havre a accordé une liquidation judiciaire tout en maintenant temporairement l'activité pour un mois, dans l'espoir de trouver un repreneur pour les 48 salariés touchés.
"Les caisses sont vides"
Selon Guillaume Le Grand, fondateur de Towt, des facteurs comme un marché américain devenant de plus en plus instable depuis l'élection de Donald Trump, ainsi qu'un manque de soutien politique en France, ont contribué à la situation précaire de l'entreprise. Les employés, comme Léo Allain, second capitaine, partagent une inquiétude palpable. "Nous avons un peu de temps supplémentaire, mais nous ne savons toujours pas ce qu'il adviendra de nos salaires d'avril. Notre priorité est de trouver un repreneur," a-t-il déclaré.
"Les caisses sont vides," confirme Guillaume Le Grand, notant avec ironie qu'une proposition de loi sur le transport à la voile est actuellement à l'étude à l'Assemblée nationale, portée par la députée Agnès Firmin Le Bodo. "Si cette loi avait été adoptée, cela aurait pu doubler notre chiffre d'affaires et sauver notre entreprise."
Bien que Towt soit en liquidation, Le Grand envisage la possibilité de réutiliser les voiliers et les salariés dans un futur projet : "L'idée est de tout reprendre selon le scénario de la reprise. Je l'espère sincèrement."
En 2025, Towt avait réalisé un chiffre d'affaires de cinq millions d'euros. Le modèle de transport décarboné par voilier reste précaire, mais prometteur. Grain de Sail, l'un de leurs concurrents, a évoqué la situation délicate de certains acteurs de ce marché en développement rapide. La date ultime pour les repreneurs est fixée au 14 avril, et une reprise est conditionnée à une nouvelle audience au tribunal du Havre prévue pour les 28 ou 29 avril.







