Les discussions autour du PSE (plan de sauvegarde de l'emploi) commencent ce vendredi 17 avril à la fonderie HME située à Rai, où la direction envisage de supprimer 117 des 200 postes. En raison d’une conjoncture économique difficile dans le secteur du laiton, principal produit de fabrication, l’entreprise prévoit une transition vers la fonderie de cuivre, une initiative que la direction justifie par la volonté de « repositionner le site sur des activités plus porteuses », selon un communiqué.
Jean-Pierre Guérin, représentant de la CGT et secrétaire du CSE, a exprimé sa préoccupation face à cette décision : « Nous savions que des impacts sociaux majeurs étaient à prévoir, mais ce nombre de suppressions est inacceptable. » Dans un contexte où le taux de chômage atteint 25 % dans le secteur de L’Aigle, il souligne les difficultés auxquelles seront susceptibles de faire face les travailleurs licenciés. Guérin appelle à une action collective pour limiter les licenciements et propose des retraites anticipées pour les employés proches de la fin de carrière, afin qu'ils puissent partir dignement.
L'État appelé à la rescousse par la CGT et les élus locaux
La fonderie de Rai, avec une histoire remontant à 1646, est aujourd'hui reconnue pour son expertise en recyclage de métaux non ferreux. Véronique Louwagie, présidente de la communauté de communes des pays de L'Aigle, a récemment souligné l'importance stratégique de l’entreprise, qui est « presque le seul site en Europe à posséder ce savoir-faire, notamment concernant le laiton sans plomb ». Elle a interpellé le ministère de l'Industrie sur la nécessité de diversifier les activités du site, notamment en développant le recyclage du cuivre.,
La CGT a également mis l'accent sur l'absurdité écologique d'importer des matériaux qui pourraient être produits localement. « Il est illogique de dépendre de ressources à des milliers de kilomètres alors que nous avons la possibilité de développer cette production ici », conclut Guérin. Les négociations sur le PSE se termineront le 17 juillet, un délai critique pour les employés de cette petite commune de 1 400 habitants, qui tentent d’éviter une catastrophe sociale majeure.







