Le lundi prochain marquera un moment significatif pour les Américains. Chaque dernier lundi de mai, ils célèbrent le Memorial Day, rendant hommage aux soldats tombés au combat. Ce week-end de trois jours marque aussi le début de la saison estivale, synonyme de barbecues et d'évasion pour des millions d'Américains.
Cependant, cette année, le Memorial Day pourrait être terni par la montée vertigineuse des prix de l'essence. D'après GasBuddy, plateforme spécialisée, le prix moyen national pourrait atteindre environ 4,48 dollars le gallon (1,04 euro le litre), soit une hausse de 42 % par rapport à l'année précédente. Ce montant serait le deuxième prix le plus élevé jamais enregistré à cette période.
Un précédent encore plus élevé remonte à 2022, avec un prix s'élevant à 4,61 dollars le gallon, conséquence de la crise énergétique liée à l'invasion de l'Ukraine par la Russie. Les prévisions de Patrick De Haan, analyste chez GasBuddy, sur CNN, indiquent que les prix pourraient grimper jusqu’à 5 dollars le gallon en juin si le détroit d’Ormuz restait bloqué.
Les consommateurs en détresse
Pour l'été en perspective, GasBuddy prédit un prix moyen de 4,80 dollars par gallon, surpassant le précédent record de 4,43 dollars établi en 2022. En dépit de cette hausse, l'American Automobile Association annonce une prévision de 39,1 millions de voyageurs automobiles durant ce week-end, un chiffre record.
Chris Haenel, un résident de Pittsburgh, témoigne à la télévision : "C'est incroyable de voir les prix. Je dépense maintenant 80 dollars par semaine au lieu de 50 avant la guerre avec l’Iran. Pendant ce temps, les salaires stagnent. Les gens sont frustrés." Cette hausse des coûts énergétiques a contribué à faire grimper l'inflation américaine à près de 4 % en avril.
"Ce n'est rien" - Donald Trump
Ce mardi, Donald Trump, qui avait promis une amélioration du pouvoir d'achat, a minimisé cette situation : "Ce n'est rien. Les gens doivent juste s'accrocher encore un peu, ça ne durera pas éternellement." Cependant, cette crise énergétique fragilise sa popularité, un sujet crucial pour sa stratégie politique.
Un sondage CNN révèle que seulement 21 % des Américains approuvent sa gestion des prix de l’essence, et 75 % d’entre eux estiment que la guerre avec l’Iran nuit à leur situation financière.
Gary Auerswald, un ancien soudeur de l'Illinois, déclare : "Ce prix élevé nous ruine, c'est un véritable calvaire." Les réserves stratégiques de pétrole ont été sollicitées à un niveau sans précédent, avec l'annonce par l'Agence américaine d'information sur l'énergie (EIA) d'un retrait de 17,8 millions de barils, un record absolu.
"Vous ne pouvez pas faire ça éternellement. C'est insensé" - Andy Lipow
Cette crise laisse présager un été difficile pour les Américains, tant sur le plan économique que personnel, plaçant la question des prix de l’essence au cœur des préoccupations nationales.







