La Caisse d'Allocations Familiales (CAF) de l'Orne a révélé avoir identifié plus de deux millions d'euros de fraudes en 2025, une augmentation de 36 % par rapport à l'année précédente. Bien que le nombre total de fraudeurs ait diminué, le montant du préjudice moyen a considérablement augmenté. En effet, le nombre de fraudeurs est passé de 199 en 2024 à 172 en 2025, tandis que le préjudice moyen a grimpé de 7 600 euros à 11 900 euros.
Cette tendance surprenante s'explique en partie par un renforcement des contrôles et des stratégies de détection plus ciblées, comme le fait observer la CAF. L'organisme s'appuie sur le Service national de lutte contre la fraude à enjeux (SNLFE), qui se penche sur de nouvelles formes de fraude, notamment celles liées à de fausses activités professionnelles, à la fraude à la résidence ou encore aux documents falsifiés.
Un autre facteur déterminant a été la mise en place d'un formulaire prérempli pour la déclaration du RSA, effective depuis mars 2025. Cette innovation vise à limiter les possibilités de fraude en simplifiant le processus pour les allocataires. En 2025, la CAF de l'Orne a mené plus de 166 000 contrôles, essentiellement automatisés, afin de vérifier la cohérence des informations fournies avec celles des services tels que France Travail et les Impôts.
Cependant, il est essentiel de relativiser ces chiffres. Chaque année, la CAF verse environ 337 millions d'euros à près de 48 000 allocataires, ce qui veut dire que seulement 0,3 % des bénéficiaires ont été sanctionnés en 2025. Au total, 74 avertissements ont été adressés et 94 pénalités infligées, pour un montant global de 74 795 euros, représentant une pénalité moyenne de 771 euros.
Ce constat a également suscité des réactions parmi les experts en politiques sociales, qui soulignent l'importance d'un équilibre entre le besoin de contrôles rigoureux et la protection des allocataires honnêtes. Un représentant du SNLFE a déclaré : "Nous devons être vigilants, mais également veiller à ne pas stigmatiser l'ensemble des bénéficiaires des aides sociales".







