Les employés du centre d'ingénierie de Renault à Villiers-Saint-Frédéric, dans les Yvelines, sont en émoi face à l’annonce de la fermeture imminente de leur site, touchant plus de 800 personnes. Bien que la direction assure que les emplois seront préservés, les conditions de travail se dégradent rapidement, avec des trajets de plus en plus longs et un risque accru de départs inéluctables.
Depuis le 28 mai, les 500 salariés et 350 prestataires craignent pour leur avenir. La direction a projeté de fermer le site d’ici 2027, avec des relocalisations dès octobre 2026. Les craintes se sont accentuées après des réunions consécutives, culminant en un rassemblement le 18 juin pour défendre leurs droits. Claudie Garel, salariée dans l’équipe des moyens d’essai depuis six ans, explique : « On était là pour défendre nos droits ».
Des trajets qui pourraient s’allonger de 1 h 30
Renault, tout en promettant qu'aucun licenciement n'interviendra, laisse les employés dans le flou face aux changements à venir. Certains pourraient subir une augmentation du temps de trajet de jusqu'à 1 h 30. Cette incertitude est alarmante pour de nombreux travailleurs, dont plus de 80 % ne pourront pas s’adapter à un transfert vers Lardy. « Cela impliquerait un changement de métier », témoigne une autre salariée présente lors de la mobilisation.
Les inquiétudes s’étendent également à la dégradation des conditions de travail sur les nouveaux sites d’accueil. Renault a déjà introduit le « flex office », entraînant la suppression de bureaux dédiés, ce qui a modifié la configuration de travail et réduit les espaces. Un bâtiment entier du Technocentre de Guyancourt a même été démoli récemment, comme l’indiquent des organisations syndicales.
« On nous demande de partir, mais on ne sait pas vraiment où ni dans quelles conditions on va travailler demain », confie une salariée de Villiers-Saint-Frédéric. Les représentants CGT soulignent que la réinstallation de ces 300 salariés sur les différents sites suscite de nombreuses questions sur la capacité d'accueil des infrastructures actuelles. Un réaménagement au Technocentre de Guyancourt serait à l’ordre du jour, mais cela pourrait être synonyme de saturation des espaces.
« On va finir par disparaître »
Le site de Villiers-Saint-Frédéric est historiquement un pionnier dans le secteur des véhicules utilitaires légers (VUL). Sa fermeture met en péril non seulement l’avenir des employés, mais également l’avenir de cette filière. Laurent Giblot, représentant CGT Renault, s’inquiète pour le devenir des ingénieurs spécialisés dans le VUL, précisant : « On va finir par disparaître ».
Renault justifie cette décision par la conjoncture actuelle du marché, incluant la baisse d'activité dans le secteur des VUL, ainsi que des coûts d'exploitation élevés. Notons qu’un investissement de 20 millions d'euros aurait été nécessaire pour rénover le site, un coût que la direction a préféré éviter. En revanche, elle n'hésite pas à verser 30 millions d'euros à certains dirigeants d'ici 2026, ce qui a été dénoncé par les syndicats comme une injustice flagrante face aux sacrifices demandés aux salariés.







