En réponse à une situation budgétaire tendue, le préfet des Bouches-du-Rhône, Jacques Witkowski, a validé ce mardi le budget 2026 de la métropole Aix-Marseille-Provence. Cette décision survient après plusieurs semaines de tensions, la métropole ayant été placée sous tutelle de l'État pour non-vote de son budget fin avril, comme l’a rapporté 20 Minutes.
Confrontés à un déficit prévisionnel de 123 millions d'euros, les élus locaux avaient initialement refusé de voter, attribuant leur situation à une réduction des financements étatiques. En conséquence, le préfet a mandaté la Chambre régionale des comptes (CRC) pour concevoir un budget équilibré, une procédure inhabituelle en France, bien que la Charente et la Guadeloupe aient déjà connu des situations similaires par le passé.
Une montagne de chiffres : 144 millions à combler
En fin de compte, la CRC a révélé que le déficit atteindrait plutôt 144 millions d'euros. Pour y remédier, la solution proposée ne comprend aucune hausse d'impôts. À la place, plusieurs lignes de coupes ont été suggérées, générant 91 millions d'euros d'économies, dont 30 millions d'euros venant des budgets alloués à la Régie des transports métropolitains (RTM).
Les économies discutées affectent les 92 communes de la métropole, avec Marseille devant subir la plus grande part des réductions, soit environ 36 millions d'euros. Aix-en-Provence, quant à elle, devrait faire face à une perte de 1,3 million d'euros.
Des décisions controversées
Suite aux annonces, 82 maires sur 92 se sont réunis pour exprimer leurs préoccupations. Bien qu'ils se soient réjouis de l'absence de hausse d'impôt, la ponction sur les finances communales a été fermement critiquée. "À cette impasse, il nous faut soit sacrifier année après année nos politiques publiques, soit trouver de nouvelles sources de recettes," s’indigne la métropole dans un communiqué.
De plus, les maires réclament à nouveau un déplafonnement du Versement Mobilité, une taxe sur les entreprises qui pourrait augmenter significativement les recettes de la métropole, déjà limitées par la loi à 2 %. Les élus estiment qu'une telle hausse pourrait générer environ 220 millions d'euros de plus.
Pas de faillite, mais des défis persistants
Le préfet a cependant tempéré les inquiétudes en déclarant que la métropole Aix-Marseille-Provence "n’est pas en faillite". Soulignant qu'elle bénéficie de nombreux soutiens étatiques, le préfet a rappelé que la dotation générale de fonctionnement de la métropole s'élevait à 131,8 euros par habitant, un chiffre bien au-dessus de la moyenne nationale.
Le budget métropolitain fait donc face à des défis, mais trouve une issue sous l'œil vigilant de l'État.







