Dans une récente interview, Philippe Baptiste, ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Espace, a fait un constat alarmant : "En termes d'investissement, nous sommes en retard, investissant huit fois moins que les États-Unis dans le domaine spatial." Ce constat, bien qu'historique, devient urgent, surtout avec des projets comme le lanceur Ariane VI en vue, essentiel pour la souveraineté de l'Europe dans l'espace.
Invité de Public Sénat et de La Dépêche du Midi, le ministre a aussi souligné que l'absence de coopération entre les pays européens complique encore davantage les efforts d'investissement à grande échelle. "Le manque de synergie freine énormément notre progression," a-t-il déclaré.
Innovation : "Soit on continue à investir sur notre modèle social en réduisant les dépenses d’avenir, et je crois vraiment qu’on va dans le mur", estime @PhBaptiste
— Public Sénat (@publicsenat) June 16, 2026
L'abandon du Scaf par l'Allemagne, un signal d'alarme
Baptiste a également commenté l'abandon du Scaf, le projet d'avion de combat franco-allemand, en le qualifiant de "signe inquiétant". Cependant, il reste optimiste : "Il faut être pragmatique. Nous avons d'autres partenaires potentiels comme les Indiens et les Émiratis, prêts à collaborer avec la France," a-t-il assuré, soulignant le fort intérêt international pour travailler avec la France malgré l'instabilité politique actuelle.
Le ministre insiste sur l'importance d'intégrer ces enjeux au cœur de la campagne présidentielle à venir. "L'avenir de notre société dépend de notre capacité à investir dans la recherche et l'innovation. On est à un moment critique. Si nous continuons à réduire les dépenses d'avenir, nous nous dirigeons droit vers un mur," a-t-il prévenu.
Des investissements cruciaux pour l'innovation et l'avenir
"Nous avons besoin de sciences, de technologies et d'entreprises innovantes pour porter la croissance de demain," a martelé Philippe Baptiste, en soulignant le faible intérêt pour ces thématiques au sein du débat politique actuel. "Si nous ne prenons pas des mesures significatives maintenant, nous serons condamnés à des solutions temporaires qui ne résoudront rien. Le débat sur ces questions doit être central, et je regrette qu'il ne le soit pas davantage, même au sein du Parlement," a-t-il conclu.







