Des journalistes et intervenants du documentaire Patrick Bruel : de séducteur à prédateur ? se sont retrouvés dans une situation inédite. Ce reportage, diffusé sur CNews le 12 juin, a surpris ceux qui pensaient avoir contribué à une production réservée à la chaîne belge RTL TVI. Aujourd'hui, ils dénoncent des pratiques qu'ils jugent malhonnêtes.
Selon Télérama, plusieurs intervenants, dont des journalistes, ont été contactés fin mai par des individus se présentant comme des représentants de la chaîne belge. Marine Turchi, journaliste à Mediapart, qui a révélé des éléments clés de l'affaire Bruel, explique : "Si j'avais su que ce reportage serait diffusé sur CNews, je n'aurais pas participé".
Un sentiment d'avoir été manipulés
Cécile Olivier, journaliste au magazine Elle, partage cette incompréhension. Elle espérait que son témoignage contribuerait à faire émerger de nouvelles voix en Belgique, mais s'est dit choquée par les méthodes utilisées : "Ces méthodes malhonnêtes me choquent". D'autres voix se sont élevées, comme celle de Jean-Michel Journet, fondateur du collectif MusicTooFrance, qui se sent utilisé malgré lui. "Je refuse d'être utilisé par une chaîne qui fait de nos communautés des cibles au quotidien", dénonce-t-il.
Myriam Guedj-Benayoun, avocate de plusieurs femmes ayant accusé Patrick Bruel, exprime également son indignation, parlant de trahison et de manque de transparence dans une affaire déjà sensible. Selon elle, ce manque de clarté est particulièrement problématique dans le contexte des accusations de violences sexuelles.
Le producteur du reportage réfute toute manipulation
Face à l’orage médiatique, le producteur Guillaume Genton se défend. Il affirme que le documentaire a été produit pour RTL TVI et diffusé pour la première fois en Belgique le 9 juin. La revente des droits à d'autres diffuseurs, précise-t-il, est une pratique habituelle dans le monde audiovisuel. Genton insiste sur le fait qu'aucun membre de son équipe ne s'est présenté sous une fausse identité et que les intervenants ont tous signé une autorisation de diffusion.
Cependant, ces justifications ne rassurent pas tous les témoins. Mediapart a indiqué envisager des actions judiciaires contre des pratiques jugées contraires à l'éthique professionnelle. De son côté, Genton conteste fermement toute allégation de tromperie ou de manipulation.







