Le quotidien 24 Tchassa met en lumière un phénomène troublant : la Bulgarie affiche le plus grand écart salarial en Europe entre le salaire de base des députés et le salaire minimum national. Pendant que certains pays comme la Hongrie prennent des mesures pour réduire les salaires de leurs élus, la Bulgarie semble s'écarter du chemin de la sobriété budgétaire.
Dans le classement des revenus par habitant au sein de l'Union européenne, la Bulgarie reste en bas de l'échelle. En revanche, les 331 députés bulgares vivent presque sept fois au-dessus du smic local, touchant environ 4 236 euros par mois. Cette réalité soulève de nombreuses interrogations sur l'équité économique.
Bien que ce chiffre puisse sembler excessif, cela s'explique en partie par le faible salaire minimal en cours, qui s'élève à 620 euros brut. Toutefois, si l'on considère les primes, aides et autres indemnités, un député peut gagner entre 6 200 et 8 000 euros par mois, ce qui est particulièrement choquant pour l'un des pays les plus pauvres de l'UE.
Comme le note 24 Tchassa, ces revenus peuvent être augmentés par un budget alloué aux frais de représentation, rarement taxables. Ces éléments sont symptomatiques d'un système qui favorise les membres du Parlement. Les députés bulgares, contrairement à d'autres pays, voient leurs salaires indexés à l'inflation tous les trois mois, exacerbant ainsi le contraste avec les conditions de vie de la majorité de la population.
L'exemple hongrois
À titre de comparaison, la Hongrie, qui avait longtemps été pointée du doigt pour ses salaires élevés, fait désormais marche arrière. La semaine dernière, les députés hongrois ont voté une baisse de 40 % de leurs émoluments à partir du mois prochain, montrant ainsi une volonté de réduire les privilèges de l'élite politique.
Cette décision est perçue comme un retour à une certaine discipline fiscale et un coup dur contre les pratiques jugées excessives du précédent gouvernement. 24 Tchassa souligne : "La situation en Bulgarie est d'autant plus étonnante que nulle part ailleurs en Europe, les salaires des députés ne sont indexés aussi fréquemment sur l'inflation." Cela témoigne d'un décalage préoccupant entre l'élite politique et la population, poussant de nombreux observateurs à questionner la justice sociale dans le pays.
Les débats autour de la rémunération des élus prennent donc une ampleur capitale, à l'heure où les inégalités sociales se creusent et où la participation citoyenne est essentielle. Les attentes de la société face à ses dirigeants sont en effet plus élevées que jamais, et le modèle actuel bulgare pourrait bien être appelé à évoluer.







