Le salon Eurosatory 2026 s'ouvre ce lundi à Paris, au cœur d'un contexte mondial marqué par l'augmentation des budgets militaires et l'accélération des programmes de modernisation des forces armées.
Avec plus de 2 600 exposants provenant de 68 pays, 40 pavillons nationaux et plus de 350 délégations officielles attendues en provenance de 100 États, cet événement a atteint une envergure sans précédent, consolidant son image de rendez-vous incontournable pour les acteurs de l'industrie de la défense.
Une hausse des dépenses militaires de 14 % en Europe
Cette édition du salon se déroule alors que les investissements militaires continuent de grimper. D'après les données du Stockholm International Peace Research Institute (Sipri), les dépenses militaires ont atteint 2 887 milliards de dollars en 2025, soit une augmentation de 2,9 % par rapport à l'année précédente.
Ce sont surtout les pays européens qui sont à l'origine de cette hausse, enregistrant une progression de 14 %, suivis de la zone Asie-Océanie, dont les dépenses ont augmenté de 8,1 %. Dans ce climat de réarmement, les entreprises multiplient leurs investissements pour renforcer leur présence sur les marchés internationaux.
L'Ukraine renforce sa présence
Cette tendance se voit aussi dans les allées du salon. L'Ukraine, par exemple, passe de cinq à quatre-vingts exposants par rapport à l'année précédente, sa surface d'exposition ayant plus que doublé.
D'autres nations comme la Pologne, qui comptabilise quarante-trois exposants cette fois-ci, montrent également une forte montée en puissance, ce qui illustre l'intensification des partenariats industriels dans le secteur de la défense.
De nouveaux pays au rendez-vous
L'internationalisation du salon est également marquée par l'arrivée de nouveaux participants. Huit pays, dont le Chili, l'Islande, le Liechtenstein, Malte, le Maroc, le Nigeria, l'Ouzbékistan et le Vietnam, exposent pour la première fois à Eurosatory, prouvant l'élargissement du marché mondial de la défense et l'intérêt croissant pour des collaborations industrielles.
Malgré cela, l'Europe reste un principal moteur de cette dynamique de croissance. La guerre en Ukraine impose aux États européens une réévaluation de leur stratégie militaire, poussant à des hausses budgétaires significatives. Comme le rapportent plusieurs médias français, les pays membres de l'OTAN ont connu leur plus forte progression des dépenses militaires depuis la fin de la Guerre froide, avec des exemples emblématiques tels que l'effort militaire allemand, qui atteint désormais 114 milliards de dollars, tandis que l'Espagne voit ses investissements croître de 50 % sur un an.
En dehors de l'Europe, l'Asie connaît également un fort dynamisme. La Chine continue de moderniser ses forces armées avec la 31ème hausse consécutive de son budget militaire. Des pays comme le Japon et Taïwan augmentent aussi leurs investissements militaires, ce qui se traduit par une présence accrue d'acteurs asiatiques au salon, notamment dans des secteurs de pointe comme la robotique et les technologies numériques.
Restrictions sur les armes israéliennes
Néanmoins, cette édition s'ouvre sur des tensions géopolitiques. La France a décidé d'interdire la présentation d'armes offensives israéliennes, permettant uniquement l'exposition de systèmes de défense antibalistique. Cette décision a suscité des réactions critiques au sein du ministère israélien de la Défense.
Malgré ces polémiques, Eurosatory continue d'être une plateforme essentielle d'échanges internationals entre États, industries et forces armées. Avec plus de cent conférences internationales prévues durant la semaine, le salon se positionne comme un observatoire privilégié des transformations du secteur de la défense mondiale.







