Une intense canicule s'est installée mardi sur le continent européen, provoquant des risques sanitaires significatifs pour les populations vulnérables et engendrant de nombreuses perturbations. Les températures en Angleterre pourraient atteindre des niveaux historiques pour un mois de juin, ce qui inquiète les habitants et les experts.
C'est la deuxième fois en moins d'un mois que l'Europe de l'Ouest est frappée par une vague de chaleur intense, avec des scientifiques qui soulignent que le changement climatique exacerbe ces phénomènes extrêmes. "Nous constatons une montée en puissance de ces vagues de chaleur à cause de l'activité humaine", affirme le climatologue Jean-Marc Jancovici, expert en transition énergétique.
À Madrid, Valentín Fernández, un employé de 54 ans d'une entreprise de déménagement, décrit la situation avec angoisse : "Quand le soleil tape, c'est insupportable. Dans le camion, c'est l'enfer." Pour lui et ses collègues, le travail ne s'arrête pas : "Si on ne travaille pas, on ne mange pas. Il s'agit de survivre", déplore-t-il.
Un anticyclone stable associé à une poche d'air froid au large du Portugal génère une montée de chaleur depuis l'Afrique du Nord, comme l'explique Sébastien Léas, prévisionniste à Météo-France. Les autorités mettent en garde sur les dangers pour les personnes fragiles en l'absence de mesures adaptées, une alerte lancée par la Croix-Rouge.
À Londres, l'alerte rouge est décrétée, et le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à une action collective plus urgente pour lutter contre cette crise. Son message ciblé visait particulièrement les dirigeants des grandes entreprises : "Il est temps de réduire notre dépendance aux combustibles fossiles qui aggravent la crise climatique", a-t-il souligné.
La canicule affecte aussi les infrastructures et loisirs : la tour Eiffel a raccourci ses heures d'ouverture, tandis que le musée du Louvre ferme plus tôt, avec un appel à reporter les visites vers le Mont Saint-Michel. La centrale nucléaire de Blayais a également été arrêtée en raison de la chaleur excessive qui touche plus de 90% de la population française.
En réponse à ces conditions extrêmes, des mesures restrictives sont mises en place dans plusieurs régions, y compris des pauses pour les travailleurs en extérieur en Italie. Pendant ce temps, la quasi-totalité de l'Espagne est placée en alerte, révélant des températures supérieures à 40°C dans plus de 100 stations de l'Agence météorologique nationale (Aemet).
Au Royaume-Uni, une alerte rouge a été émise pour la première fois, avec des prévisions indiquant un possible dépassement du record de 35,6°C établi en juin 1976. Par prudence, de nombreuses écoles ont décidé de fermer leurs portes, assurant ainsi la sécurité des enfants.







