La Commission européenne a récemment lancé une enquête formelle contre Sanofi, un acteur majeur de l'industrie pharmaceutique en France, autour d'une possible violation des règles de concurrence sur le marché des vaccins antigrippaux. Cette action fait suite à des inspections menées par les autorités européennes l'année dernière, où Sanofi aurait mené une campagne visant à nuire à son concurrent CSL Seqirus, producteur du vaccin Fluad.
Dans un communiqué, la Commission a indiqué vouloir examiner si Sanofi a effectivement participé à une campagne trompeuse pour affecter la perception du vaccin Fluad auprès des professionnels de santé en France et en Allemagne.
Le groupe Sanofi commercialise également le vaccin Efluelda, conçu pour les personnes âgées de plus de 60 ans, ce qui le place en concurrence directe avec Fluad. Selon les premières analyses, la position dominante de Sanofi pourrait avoir entraîné des obligations supplémentaires conformes à la législation sur la concurrence européenne.
Bruxelles a mis en lumière les allégations selon lesquelles Sanofi aurait diffusé des informations suggérant que Fluad était moins efficace ou moins soutenu scientifiquement. Ces insinuations auraient été en contradiction avec les conclusions des autorités sanitaires et des experts en vaccination, comme décrites par le Centre européen de prévention et de contrôle des maladies (ECDC) et d'autres organismes experts en santé publique en France et en Allemagne.
10% du chiffre d'affaires mondial
Les accusations incluent également une présentation erronée des recommandations nationales en matière de vaccination. Par exemple, en Allemagne, Sanofi aurait laissé à penser que des réserves scientifiques subsistaient sur le vaccin Fluad, tandis que ces préoccupations avaient été levées par les associations médicales. Si ces comportements sont confirmés, ils pourraient constituer un abus de position dominante, tel que défini par l'article 102 du traité sur le fonctionnement de l'Union européenne.
Il est important de noter, cependant, que cette enquête ne préjuge pas de la culpabilité de Sanofi. L'ouverture d'une enquête formelle marque le début d'un processus d'instruction approfondi. Le géant pharmaceutique aura l'occasion de défendre sa position et, si nécessaire, de proposer des engagements pour répondre aux préoccupations soulevées par la Commission. Si ces engagements sont jugés adéquats, l’enquête pourrait être close sans qu’une infraction ne soit formellement établie.
Cette affaire s'inscrit dans un contexte d'enquête prolongée. En septembre 2025, les services de la Commission avaient mené des inspections sur place chez Sanofi, une étape révélatrice du soupçon de pratiques anticoncurrentielles. Si une violation des normes est établie, la Commission pourrait appliquer des sanctions financières pouvant s'élever jusqu'à 10 % du chiffre d'affaires mondial de la société, selon l'article 23 de la réglementation de 2003.







