Les armateurs grecs, réputés pour leur audace en mer, n'hésitent pas à naviguer vers les zones à risque. Pendant le blocage du détroit d'Ormuz, la compagnie Dynacom, fondée par le milliardaire George Prokopiou, faisait partie des entreprises les plus actives dans ces circonstances. Quant au transport de pétrole russe, il est devenu un secteur en pleine expansion pour les compagnies grecques.
Ce marché pourrait même s'avérer extrêmement lucratif. L'analyse du Financial Times révèle que ces entreprises ont généré au minimum 3,8 milliards de dollars grâce au transport de combustible russe ces trois dernières années.
Les armateurs grecs jouent un rôle crucial au sein de ce trafic, même si le pétrole russe subit des sanctions en Europe. Son commerce demeure autorisé mondialement, tant que les prix sont conformes à ceux établis par le G7. À l'heure actuelle, les opérateurs européens, y compris les armateurs grecs, peuvent transporter ce pétrole à un prix plafonné de 44,10 dollars le baril.
En mai dernier, près de 15 % des exportations russes de pétrole brut ont été assurées par des compagnies grecques, comme l'indique une étude menée par Windward et Vortexa, sociétés d'analyse maritime et énergétique.
"Il y a de l'argent à gagner là-bas et personne d'autre n'ira le gagner", explique Michelle Wiese Bockmann, analyste en renseignement maritime au Financial Times, à propos des transporteurs grecs qui transportent des cargaisons russes.
Le pétrole russe continue de générer des milliards pour le Kremlin
Dynacom Tankers se classe parmi les entreprises les plus rentables dans ce secteur, avec des revenus estimés à 915 millions de dollars. Olympic Shipping and Management suit de près, avec un chiffre de 404 millions de dollars, tandis que Stealth Maritime atteint plus de 200 millions de dollars.
Les évaluations du Financial Times reposent sur des estimations du coût du fret pour les principales routes russes, rassemblées par Argus Media. Ces données sont complétées par des informations de la Organisation maritime internationale et les mouvements des pétroliers analysés par Kpler.
Toutes les entreprises citées affirment que leurs activités respectent strictement les sanctions en place. Toutefois, certaines critiques soulignent que le système de contrôle s'avère insuffisant, laissant des failles.
"Les milliards générés continuent à bénéficier au Kremlin", déclare Svitlana Romanko, directrice de l'organisation ukrainienne Razom We Stand, qui œuvre pour mettre un terme au commerce de pétrole et de gaz russes. "Le gouvernement grec privilégie systématiquement son industrie maritime, souvent au détriment de l'application de sanctions plus strictes et de la paix."







