À l'occasion du Mondial de football 2026, Nike a revêtu 16 équipes, dont la France, les États-Unis et le Brésil, de tenues de sport fabriquées exclusivement à partir de déchets textiles. Cependant, comme l'indique Grist, cette innovation soulève plus de questions qu'elle n'apporte de réponses sur la mode circulaire.

La promesse d'un “point de bascule” vers une mode durable semble séduisante. Pourtant, la réalité se révèle plus complexe. Lorsque Nike déclare que ses “vêtements circulaires recyclables à l’infini” seront bientôt à la portée de tous, les experts tempèrent ces attentes. Les possibilités de recyclage chimique, bien que prometteuses, ne sont pas encore prêtes à transformer l'industrie textile selon des critères durables, selon des reportages récents de Le Monde.

Il est vrai que Nike a établi un partenariat avec deux sociétés spécialisées dans le recyclage chimique pour ces “vêtements haute performance”, mais peu de détails supplémentaires ont été fournis. Les spécialistes s'accordent à dire, comme l’a aussi évoqué France 24, que l’arrivée de vêtements issus de ce type de recyclage dans les magasins est encore lointaine.

70 % des vêtements sont issus du pétrole

Avec une production annuelle de 100 milliards d'articles, l'industrie textile est à l'origine de 10 % des émissions de gaz à effet de serre, générant des déchets considérables. Actuellement, 70 % des vêtements sont issus de fibres dérivées du pétrole.

De nombreux experts, tels que Nusa Urbancic de la Changing Markets Foundation, s'inquiètent des engagements pris par des marques comme Nike. Au lieu de réduire la production, ces dernières insistent sur le renforcement de la 'circularité' du polyester. Le recyclage chimique, qualifié de “solution d’avenir”, permet d’obtenir un polyester de qualité vierge, mais il est plus efficace avec des déchets industriels qu'avec des vêtements usagés, souvent composés de mélanges complexes.

Comme le résume Nusa Urbancic, le recyclage chimique pourrait finalement n'être qu'un “prétexte pour continuer à produire des vêtements en plastique”.