Le projet colossal de la vision du prince héritier saoudien, Mohammed ben Salmane, lancé en 2017, subit un sérieux revers. Le projet Neom pourrait être significativement réduit, succédant à des années de retards et de coûts croissants, comme l'indique le Financial Times.
D'après cette publication, le prince prévoit désormais un projet "bien plus modeste" que prévu, notamment pour sa pièce maîtresse, la ville linéaire appelée "The Line", qui devait s'étendre sur 170 kilomètres.
Ce projet ambitieux s'étend le long de la mer Rouge et couvre une superficie équivalente à celle de la Belgique. Annoncé comme l'une des plus grandes constructions à l'échelle mondiale, son coût total a triplé pour atteindre environ 1.500 milliards de dollars.
Pour faire face à la conjoncture actuelle, Neom pourrait être réorienté pour se concentrer sur des centres de données, visant à faire de l'Arabie Saoudite un leader dans le domaine de l'intelligence artificielle. "La localité, bénéficiant d'un accès maritime, pourra utiliser l'eau de mer pour refroidir ces installations", selon une source citée par le Financial Times.
Des annulations qui inquiètent
Ce revirement intervient alors que le prince tente de gérer les dépenses en réponse à une chute significative des prix du pétrole, aggravant ainsi le déficit du budget public. La monarchie se trouve dans une situation délicate, nécessitant un prix de 111 dollars par baril pour le financement de ses projets selon des estimations de Bloomberg, alors que le Brent s'échange maintenant sous les 65 dollars.
De plus, l'Arabie Saoudite doit s'assurer que ses délais de construction soient respectés pour accueillir l'Exposition universelle de 2030, ainsi que la Coupe du monde de football de 2034.
Récemment, la monarchie a été contrainte d'abandonner l'accueil des Jeux asiatiques d'hiver de 2029, initialement prévu pour avoir lieu dans la station de ski de Trojena, un projet qui ne pourra pas être achevé à temps.
"Nous sommes engagés à réaliser ces objectifs de transformation", a affirmé le prince Mohammed le mois dernier. "Cependant, nous n'hésiterons pas à adapter notre programme si nécessaire pour répondre à l'intérêt public", a-t-il souligné.







