Dans un récent compromis, l’Union européenne a décidé d'interdire l’appellation de « steak végétal », tout en préservant les dénominations pour les saucisses et hamburgers végétariens. Cette décision, résultant de négociations intensives, reflète une volonté de protéger l'industrie de la viande face à la montée des alternatives végétales, en particulier en Allemagne, le plus grand marché du continent pour ce type de produits.
Les aînés de la droite et des représentants de la filière viande ont plaidé pour que des termes comme « steak » ou « burger » soient réservés strictement aux produits carnés. Ce compromis, en attente d’un vote final au sein du Parlement européen, semble apprécié par certains, comme l'eurodéputée Céline Imart, qui y voit un premier pas vers une protection des agriculteurs. Elle souligne également la nécessité d’interdire toute appellation de viande pour des produits de laboratoire, considérant cela comme une avancée majeure pour le secteur agricole.
Confusion au sein des consommateurs
Cependant, cette décision n’est pas sans critiques. Des écologistes, comme Anna Strolenberg, regrettent la création d’une « liste noire » pour certaines appellations, tout en se félicitant que le terme « veggie burger » ait été sauvé. De leur côté, les associations de consommateurs, comme le Bureau européen des unions de consommateurs, s’alarment des conséquences que pourraient avoir ces nouvelles règles, assurant qu'elles engendreront davantage de confusion chez les consommateurs désireux de manger plus sainement.
La résistance allemande
En Allemagne, des chaînes de supermarchés telles que Lidl et Aldi s'opposent à cette interdiction, arguant que ces termes sont devenus familiers pour le public. L’industrie de la viande, quant à elle, accuse les alternatives végétales d’éroder la perception des produits bruts et naturels en s'accaparant des dénominations traditionnellement associées à la viande.
En France, un décret visant à interdire l’utilisation de ces désignations avait déjà été proposé en 2024, mais il a été annulé par le Conseil d'État en janvier 2025, suite à une décision de la Cour de justice de l’Union européenne.
Une dynamique politique changeante
Depuis le rejet d'un texte de loi en 2020 sur ce même sujet, les équilibres politiques au Parlement européen ont évolué, le renforcement de la droite et de l’extrême droite au cours des élections de juin 2024 ayant permis d'adopter cette mesure. Néanmoins, des divisions subsistent même au sein de ces groupes. Les produits végétariens imitant la viande ont gagné en popularité, stimulés par la volonté des consommateurs de manger plus sainement, de protéger les animaux et de limiter leur empreinte carbone, compte tenu des émissions élevées des exploitations agricoles.







