Selon les déclarations d'Arsenio Dominguez, secrétaire général de l'Organisation maritime internationale (OMI), quelque 20 000 marins et 15 000 passagers sont actuellement immobilisés dans le Golfe Persique, en grande partie à cause de la guerre au Moyen-Orient. Les navires de croisière, autrefois prisés pour leur confort, se transforment en prisons flottantes pour les touristes, d'abord en quête d'évasion.
La situation est particulièrement tendue à Doha, au Qatar, où deux paquebots de croisière, Mein Schiff 5 et Celestyal Discovery, sont immobilisés. Ces navires, avec près de 4 000 passagers majoritairement allemands, sont sous surveillance constante ; l'accès à la terre est restreint et les passagers se sentent « abandonnés », témoigne un voyageur. Cette crise est suivie de près par la presse, notamment le Frankfurter Allgemeine Zeitung, qui a relayé les témoignages des passagers.
Des rapatriements au compte-goutte
Les compagnies, comme TUI Cruises, commencent à mettre en place des plans de rapatriement. Sebastian Ebel, directeur général de TUI, a annoncé que des vols retour pourraient être organisés avec des partenaires aériens tels qu'Emirates et Qatar Airways. Cependant, l'Association allemande du tourisme (DRV) estime que jusqu'à 30 000 touristes de nationalités diverses pourraient être affectés par cette situation inconfortable.
D'après des sources, les passagers pourront bientôt descendre à terre pour des sorties limitées. Stefan Nowak, un passager de 34 ans, a exprimé sa frustration quant à l'incertitude de la situation tout en profitant d’un moment de liberté, même limité.
Une crise globale pour l'industrie des croisières
Les problèmes ne se limitent pas à deux navires. En fait, au moins six autres sont également immobilisés dans la région, y compris le MSC Euribia, bloqué à Dubaï. La compagnie MSC Croisières a déjà mis en place cinq vols charters pour rapatrier environ 1 000 passagers d'ici la fin de la semaine, mais la complexité de la situation persiste, avec des restrictions de l'espace aérien qui compliquent les retours.
Cette crise a le potentiel de perturber le calendrier des croisières globals, avec de possibles retards pour les départs prévus en Méditerranée. Les professionnels du secteur, de TUI à MSC, scrutent la situation avec inquiétude, consciente que les conséquences pourraient être désastreuses.
Alors que la mer reste le moyen de transport pour de nombreux passagers, l'incertitude persiste et met en lumière non seulement une crise touristique mais également un bouleversement à long terme pour l'industrie maritime.







