Ce mardi 31 mars a marqué la fin d'un procès retentissant au tribunal correctionnel de Bordeaux. Après cinq semaines d'audiences, le commissaire divisionnaire François Thierry a entendu le verdict dans une ambiance tendue. Les juges ont jugé que sa décision de lever la surveillance sur des cargaisons de drogue, qu'il avait laissé entrer sur le territoire, constituait une complicité dans le trafic, provoquant l'indignation des représentants du parquet qui avaient requis une relaxe.
Une complicité avérée
Le tribunal a expliqué que les choix opérés par François Thierry n'étaient pas simples erreurs opérationnelles, mais constituaient effectivement une implication criminelle. En effet, le jugement a souligné qu'il avait facilité le développement d'un trafic de stupéfiants s'élevant à au moins quinze tonnes de cannabis, fruit de sa collaboration avec son informateur, Sofiane Hambli.
Selon l'experte en droit pénal, Maître Isabelle Lefebvre, « les choix délibérés de surveillance et l'absence d'action de la part du commissaire révèlent un abandon de ses responsabilités qui ne peut être ignoré par la justice ». Les juges ont également mis en lumière que cet abandon de surveillance n'était pas isolé, mais répétitif.
François Thierry : une réaction pressante
À l'annonce de la peine d'un an avec sursis, François Thierry a immédiatement exprimé son intention de faire appel. Son avocat, Maître Paul Durand, a insisté sur le fait que le commissaire avait été manipulé tout au long de cette affaire et qu'il n’avait jamais eu l'intention de nuire ou de participer au trafic criminel. C'est d'ailleurs une position défendue tout au long du procès, où la défense a plaidé l'absence de culpabilité.
Le lourd châtiment de Sofiane Hambli
En parallèle, Sofiane Hambli, considéré comme le principal acteur du trafic, a été condamné à la peine maximum de vingt ans de réclusion. Les magistrats ont précisé que, bien que son statut d'informateur lui ait été reconnu, cela ne l'exonérait en rien de sa responsabilité dans l'organisation du trafic international entre le Maroc, la France et la Belgique. Les juges ont qualifié ses actions de « préjudiciables et calculées», mettant en avant son implication ancienne dans le marché illégal des stupéfiants.
Le tribunal a également décidé que les autres prévenus dans cette affaire se verraient infliger des peines diversifiées, de quelques mois à huit ans, tandis que la bande devrait payer une amende douanière de 33 millions d'euros pour leurs activités illégales.







