Les avocats du barreau d'Avignon entament ce jeudi un mouvement de grève générale qui se prolongera jusqu'au 13 avril, date de l'examen au Sénat du projet de réforme de la justice criminelle, porté par le ministre de la Justice Gérald Darmanin. Cette réforme prévoit l'instauration d'un dispositif de "plaider-coupable" en matière criminelle.
Cette mesure controversée pourrait permettre à un accusé avouant ses actes d'être jugé lors d'une simple audience d'homologation, y compris pour des crimes les plus graves, ce qui suscite de vives inquiétudes parmi les professionnels du droit. À Avignon, les avocats ont voté une grève "dure et totale", bloquant toutes les audiences pénales et civiles.
Un mouvement pour défendre les droits des justiciables
Anne-Cécile Dubois, bâtonnier du barreau d'Avignon, met en avant les défauts d'une telle réforme, déclarant : "Cette réforme néglige les fonctions cruciales d'un procès". Elle souligne que le procès a des rôles cathartiques pour les victimes, éducatifs pour l'accusé et préventifs concernant la récidive.
Elle commente également la précipitation avec laquelle cette réforme est introduite : "On prétend répondre à un besoin de rapidité pour les victimes, mais quel type de procès leur sera offert?" Selon elle, la grève, souvent mal perçue, est avant tout menée pour défendre les intérêts des justiciables.
La mobilisation des avocats va se poursuivre jusqu'au 13 avril, avec une manifestation prévue à Paris devant le Sénat le même jour. Certains avocats d'Avignon envisagent même de participer à cet événement pour faire entendre leur voix contre cette réforme jugée dangereuse.







