Le parquet de Paris est en train d'examiner un signalement concernant la députée macroniste Caroline Yadan, qui fait l'objet d'accusations de la part de Gabrielle Cathala, une élue de La France Insoumise (LFI). Ce dernier reproche à Yadan d'avoir véhiculé de fausses informations à propos de Francesca Albanese, rapporteuse spéciale de l'ONU pour les territoires palestiniens, et de ses supposées positions vis-à-vis d'Israël.
Selon une source proche du dossier, l'analyse de ces accusations pourrait mener à l'ouverture d'une enquête. La situation s'est intensifiée suite à une séance de questions au gouvernement, où Caroline Yadan avait interpellé le ministre des Affaires étrangères Jean-Noël Barrot concernant les déclarations de Francesca Albanese.
Yadan avait accusé Albanese d'avoir tenu, lors d'une précédente intervention, des propos jugés antisémites, en la mentionnant comme ayant désigné « Israël comme l'ennemi commun de l'humanité ».
En réponse, le ministre Barrot n'a pas mâché ses mots, exigeant la démission de Francesca Albanese tout en condamnant ses « propos outranciers et inacceptables », commentant ainsi la situation.
Accusations contredites
Les déclarations controversées de Francesca Albanese ont été faites lors d'un forum diffusé en direct sur Al Jazeera, où elle a dénoncé la responsabilité de la communauté internationale dans le soutien à Israël. Elle a affirmé que le soutien militaire et politique apporté à Israël a conduit à un « génocide » à Gaza, posant une problématique morale mondiale.
Pour sa part, Albanese a vigoureusement nié avoir traité Israël d'« ennemi commun », en déclarant lors d'une interview sur France 24 : « Je n'ai jamais dit ça ». Elle a appelé à un examen approfondi des responsabilités concernant les souffrances infligées, sans généraliser au sujet d'Israël.
Dans son signalement, Gabrielle Cathala souligne que Caroline Yadan a contribué à la diffusion de ces « fausses nouvelles » par le biais d'une publication sur X et d'une lettre adressée à Jean-Noël Barrot, accompagnée d'une cinquantaine de députés macronistes. Elle évoque des conséquences diplomatiques graves de ces agissements, notamment en influençant la position française.
Le signalement de Cathala vise également Hillel Neuer, un directeur d'organisation qui aurait partagé un montage tronqué des déclarations d'Albanese, ainsi que Shannon Seban, une élue de Seine-Saint-Denis, pour des allégations similaires. La situation reste tendue, et l'évolution des événements pourrait avoir de réelles conséquences sur le débat public en France sur la question du Moyen-Orient.







