Dans un entretien accordé au Nouvel Obs, Emmanuel Grégoire, le nouveau maire socialiste de Paris, estime que les conditions actuelles ne favorisent pas une victoire de la gauche à l'élection présidentielle de 2027. Il souligne l'absence de programme et de doctrine au sein de ce camp politique, ce qui complique leurs perspectives.
« Aujourd’hui, les conditions ne sont pas réunies pour une victoire de la gauche. Ce serait malhonnête de prétendre le contraire », déclare-t-il. Ses propos interviennent alors que la primaire de la gauche, prévue pour le 11 octobre, semble rencontrer des obstacles majeurs.
Grégoire insiste sur l'importance cruciale d'un programme économique, social et environnemental solide : « La seule chose qui devrait préoccuper la gauche, c'est ce qu'elle propose concrètement », souligne-t-il.
D'après lui, la gauche s'égare en s'enlisant dans des querelles internes plutôt que de se concentrer sur des idées novatrices. Il évoque une période difficile pour la gauche, caractérisée par un taux d'approbation historiquement bas. « Nous maintenons nos bastions, mais notre position est fragile », analyse-t-il, citant l'absence de ligne directrice comme un facteur clé de cette situation.
Concernant La France Insoumise, Grégoire affirme ne pas avoir de difficultés avec ses électeurs, mais critique son leader, Jean-Luc Mélenchon. « Mélenchon semble plus préoccupé par son avenir personnel que par une stratégie collective », déplore-t-il, exprimant des doutes sur les chances de succès de Mélenchon en 2027.
Grégoire aborde également la question des grandes villes comme Paris et leur impact sur le paysage politique national : « Penser que la conquête de Paris peut se traduire par une stratégie nationale est une illusion », avertit-il, soulignant les différences sociologiques entre Paris et le reste du pays.
Enfin, revenant sur sa récente victoire contre Rachida Dati, Grégoire note que cette dernière a mené une campagne trop agressive pour rallier l'électorat parisien. « Je me suis présenté comme une alternative plus sereine et sérieuse », conclut-il, tirant les leçons d'une campagne marquée par des tensions considérables.







