Dans une déclaration percutante, Bally Bagayoko, le nouveau maire de Saint-Denis, a réclamé la fermeture de la chaîne CNews, dénonçant une société agissant de plus en plus dans un climat de racisme. Dans un entretien livré à l'AFP, il a exprimé son indignation face à des propos polémiques et à une campagne de haine visant sa personne.
Qualifiant le phénomène de « racisme quasi débridé », le maire de la deuxième plus grande ville d'Île-de-France a appelé l'Arcom à intensifier son rôle de régulateur à l'égard de la chaîne. « La justice doit montrer davantage de fermeté », a-t-il ajouté, dénonçant des discours qui, selon lui, n'ont pas leur place dans l'espace public.
« Avons-nous vraiment besoin de chaînes qui tiennent des propos racistes ? Je réponds non », a souligné M. Bagayoko, après que des remarques déplacées à son égard aient été tenues sur le plateau de CNews, provoquant un émoi au sein de la gauche et du gouvernement. Le régulateur de l’audiovisuel a été saisi en conséquence.
Lors d'un débat sur la chaîne, la présentation a sous-entendu que le maire cherchait à « pousser les limites ». En réponse, le psychologue Jean Doridot a fait une comparaison historique sur la gestion d’autorités dans des sociétés antiques, apportant une dimension psychologique au propos.
La semaine dernière, CNews a été à nouveau sous le feu des projecteurs, suite à des déclarations controversées de Michel Onfray insinuant que l'attitude de Bagayoko était celle d'un « mâle dominant ». En réaction, le maire a déposé plainte contre CNews, ainsi que contre les intervenants concernés. Il a également appelé à un rassemblement contre le racisme devant l'Hôtel de Ville de Saint-Denis.
Face à ces tensions médiatiques, CNews a pour sa part maintenu que « de tels propos n'ont pas été tenus » sur son antenne, refusant d’apporter davantage de commentaires au sujet des accusations.
En parallèle à cette polémique, Bally Bagayoko a mis en avant l’« urgence sociale » de Saint-Denis, annonçant un arrêté anti-expulsion à la sortie de la trêve hivernale et soulignant l’importance de réouvrir des espaces jeunesse pour les vacances de printemps.
Concernant sa politique de sécurité, vivement critiquée par ses opposants, M. Bagayoko a expliqué son intention de geler le renouvellement de certains équipements policiers. Il a insisté sur le besoin d’une plus grande présence de la police nationale, avertissant que le désarmement de la police municipale ne signifie pas une réduction de ses effectifs.
Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a récemment déclaré qu’il soutenait personnellement l’armement des forces de l’ordre, mais M. Bagayoko a contre-attaqué, évoquant un budget « austéritaire » imposé par l’État qui diminuerait les ressources financières de la ville.
Le maire a également abordé la question des trafics dans la ville, pointant du doigt des manquements dans la gestion des douanes et des aéroports, sources des problèmes de sécurité. En fin de compte, il a défendu le professionnalisme de sa police municipale, niant les liens idéologiques avec des figures politiques comme Éric Ciotti, qui a récemment proposé d'accueillir les policiers désarmés dans sa propre ville.
« Cet idéal de mettre en péril les communautés locales n’est pas tenable », a conclu Bally Bagayoko, qui plaide pour un État fort capable de répondre aux défis actuels.







