Depuis ce mardi, un couple comparaît devant la cour d'assises de la Seine-Maritime suite à la mort de leur fille, Brooklyn, âgée de seulement sept mois, décédée de faim et de soif en avril 2023. Les deux aînés du couple souffrent également de graves retards psychomoteurs, ce qui a suscité une onde de choc dans la communauté.
Les parents, un homme de 30 ans et une femme de 28 ans, sont accusés de "privation de soins ou d'aliments". Leur situation familiale est alarmante : non seulement Brooklyn a été déclarée à sa naissance, mais il a été révélé que l’accusé n’était même pas le père biologique de l'enfant. À l’époque, leurs enfants de 21 mois et 3 ans ne bénéficiaient d'aucun suivi médical, et la famille vivait sous le seuil de pauvreté avec des ressources de seulement 800 euros par mois, principalement composées de minima sociaux.
Des enquêtes ont mis en lumière un(des) couple très isolé, qui, malgré une mesure d’assistance éducative, ignorait les convocations des services sociaux. À la suite de la mort de Brooklyn, les enquêteurs ont trouvé ses frères et sœurs dans un état déplorable : dénutrition, déshydratation et absence de développement normal.
À sept mois, Brooklyn pesait moins que son poids de naissance
Les parents ont prétendu durant le procès qu'ils prenaient soin de leurs enfants, mais ont reconnu les faits, affirmant qu'ils n'ont pris conscience de leur négligence qu'après le décès de leur bébé. La cour a examiné leur historique familial : la mère, Anaïs, a vécu des traumatismes d’enfance, notamment un père alcoolique et violent, ce qui pourrait avoir influencé sa capacité à prendre soin de ses propres enfants.
Anaïs, qui a eu plusieurs grossesses non planifiées à un âge précoce, a admis avoir traversé une dépression post-partum après la naissance de Brooklyn. Son entourage a rapporté un cadre de vie dégradé, où les enfants passaient leurs journées à regarder la télévision, habillés en pyjama, sans activité extérieure.
La négligence et l’abandon au cœur du procès
La mère de l'accusée a de son côté déclaré avoir tenté d'apporter son aide, mais Anaïs aurait rejeté son soutien. La situation a atteint un point critique, où la municipalité a dû financer les funérailles de Brooklyn, faute de soutien familial.
Les deux accusés, qui se sont tenus côte à côte lors du procès, ont exprimé le souhait de retrouver un jour leurs enfants. Pendant leur détention, Anaïs a repris ses études et prépare un bac littéraire. L'issue de ce procès, qui met en lumière des enjeux sociaux majeurs, est attendue avec impatience ce vendredi, mais les questions sur la capacité de ces parents à prendre soin de leurs enfants perdurent.







