L’ex-PDG du cimentier Lafarge, Bruno Lafont, et son bras droit, Christian Herrault, sont désormais libres sous contrôle judiciaire après leur condamnation pour avoir financé le terrorisme en Syrie.
La cour d’appel de Paris a pris cette décision le 26 mai 2026, permettant ainsi à Bruno Lafont et Christian Herrault, incarcérés depuis mi-avril, de retrouver la liberté sous certaines conditions. Ils avaient été condamnés le 13 avril dernier à six et cinq ans de prison ferme respectivement, suite à leur implication dans des financements illicites au profit de groupes armés en Syrie via la filiale Lafarge Cement Syria.
L’ancien PDG de 69 ans et son ancien directeur général âgé de 75 ans avaient sollicité leur remise en liberté le 19 mai, avant un nouveau procès prévu dans les mois à venir. La cour a jugé que leur détention précédente n’était pas essentielle pour garantir leur présence à l’audience, prenant en compte le stress psychologique subi pendant leur détention.
« Choc carcéral »
Dans sa décision, la cour a noté que la détention provisoire n'était « pas le moyen indispensable » pour assurer un futur procès. Elle a considéré le « choc carcéral » comme un facteur pertinent dans l’évaluation de leur situation. Toutefois, un cautionnement a été fixé à 100.000 euros pour Lafont et 90.000 euros pour Herrault, à verser d'ici le 2 juillet. Contrairement aux requêtes du parquet, la cour n'a pas imposé de restriction sur leurs contacts mutuels, malgré leur détention dans la même cellule.
Jacqueline Laffont, avocate de Bruno Lafont, a exprimé sa satisfaction : « Je suis soulagée et surtout rassurée lorsque les magistrats appliquent la loi de manière juste », a-t-elle déclaré.
Nouveau procès à l'horizon
Les deux ex-dirigeants, parmi neuf prévenus reconnus coupables, sont accusés d’avoir transféré près de 5,6 millions d’euros à des groupes extrémistes en 2013 et 2014, afin de maintenir l'opération d'une cimenterie en zone de conflit. L’entreprise Lafarge, autrefois un symbole de l'industrie française, avait déjà été condamnée à une amende maximale de 1,125 million d’euros, en plus d'une amende douanière de 4,57 millions d’euros, pour avoir enfreint les sanctions financières internationales.
Tous les prévenus, dont Lafarge elle-même, ont interjeté appel, et un nouveau jugement est attendu dans un avenir proche.







