Deux ans après l'accident mortel qui a coûté la vie à Benoît Cottin, un jeune homme de 21 ans, le conducteur impliqué, visant à esquiver un contrôle routier, est jugé en appel ce mercredi 10 mai à Caen. Les événements tragiques se sont déroulés le 28 mai 2024, alors que Benoît rentrait chez lui après une séance sportive.
Le conducteur âgé de 25 ans aujourd'hui, a reconnu avoir consommé de l'alcool avant de prendre le volant cette nuit-là. Tentant de doubler un autre véhicule en franchissant une ligne blanche, il a percuté front à front la voiture de Benoît. En juin 2025, ce dernier avait été condamné à un an de prison ferme avec un bracelet électronique pour homicide involontaire, sanction jugée insuffisante par la famille de la victime et le procureur, entraînant cet appel devant la Cour d'appel de Caen.
Durant les audiences, le mis en cause a exprimé ses problèmes d'addiction à l'alcool et un mal-être professionnel. "J'étais pas bien dans ma tête et au travail", a-t-il déclaré. Ce qui, selon la présidente de la cour, ne justifie en rien son comportement au volant, soulignant que l'alcool au volant est un délit inacceptable.
Le prévenu a reconnu avoir commis une série d'erreurs et a déclaré : "J'y repense souvent, cela aurait pu être évité mille fois. Je regrette amèrement tout ce qui s'est passé."
Douleur d'une mère : témoignage poignant
Sylvie Berthault, la mère de Benoît, présente pour soutenir son fils, a fait part de son immense chagrin. "L'église était trop petite pour accueillir tous ceux qui sont venus le jour de ses obsèques", a-t-elle déclaré, visiblement accablée par la perte de son fils. Elle a raconté comment elle a vécu le moment terrible de l'annonce de son décès, disant : "J'ai sombré. J'ai cru mourir de chagrin." Victime de cette perte, elle souffre encore aujourd'hui, travaillant à mi-temps et suivant un traitement pour sa dépression.
L'avocate générale a requis une peine de quatre ans d'emprisonnement, dont 18 mois de sursis, assortis de l'obligation pour le mis en cause de suivre un traitement et d'indemniser les parties civiles. De plus, une peine de huit mois d'emprisonnement supplémentaire pour refus de se plier aux contrôles a été demandée, en plus de l'annulation de son permis de conduire et l'interdiction de le repasser pendant cinq ans.
Cette affaire souligne les enjeux cruciaux de la sécurité routière et les conséquences tragiques que peut engendrer la négligence. Les témoignages poignants, tant de la part du conducteur que de la famille de Benoît, rappellent l'impact dévastateur de telles tragédies sur la vie des personnes impliquées.







