Trois semaines après le lancement du réexamen de 70 000 plaintes concernant des violences sexuelles sur mineurs, la situation s'aggrave. Le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, a annoncé que 134 individus ont été placés en détention provisoire à la suite des nouvelles investigations. L'échéance pour cette opération, sans précédent, est fixée au 14 juillet.
Selon des sources gouvernementales, le réexamen des plaintes a déjà donné lieu à des résultats révélateurs. "Cette campagne va permettre de prendre en compte de nombreux cas autres que ceux qui ont été initialement évoqués", a déclaré un représentant du ministère. Franceinfo souligne que cette opération a été commandée après la mise en lumière de dysfonctionnements dans le traitement des plaintes contre le principal suspect de l'affaire Lyhanna.
"Le pré-rapport d'inspection remis au gouvernement révèle une vérité d'une extrême gravité : la chaîne de protection a failli. Des plaintes concernant des agressions sexuelles sur mineurs n'ont pas été traitées avec l'urgence requise", a déclaré Sébastien Lecornu sur les réseaux sociaux.
Des milliers de dossiers passés au crible
Près de 70 000 plaintes sont maintenant entre les mains des magistrats pour une réévaluation approfondie. Gérald Darmanin a exprimé son optimisme quant à la possibilité de compléter cette tâche avant la date limite. L’ampleur des nouvelles investigations pourrait même permettre d’examiner davantage de dossiers que prévu initialement, indiquent des sources officielles.
De possibles sanctions après les inspections
En parallèle, une mission d’inspection est en cours pour identifier des manquements éventuels dans le traitement de certains cas. Dans un courrier adressé aux magistrats, Darmanin a averti que des sanctions pourraient être envisagées en cas d’erreurs professionnelles avérées. "Quand des fautes sont établies, il serait incompréhensible qu’elles ne soient pas sanctionnées", a-t-il déclaré tout en affirmant son respect de l'indépendance de la justice.
De nouvelles mesures sur la table
L'affaire Lyhanna continue de susciter des débats au sein du gouvernement sur la gestion des violences sexuelles envers les mineurs. Parmi les propositions débattues figurent des délais obligatoires pour la réalisation d'actes d'enquête après le dépôt d'une plainte et une meilleure supervision des adultes œuvrant auprès des jeunes dans les activités périscolaires. De plus, des sanctions plus sévères pourraient être envisagées pour les récidivistes.
Une pression politique toujours forte
Malgré les mesures évoquées, le gouvernement subit une pression intense de la part de divers responsables politiques, tant à gauche qu'à droite, qui exigent des comptes au plus haut niveau. Parallèlement, les syndicats de magistrats dénoncent un manque criant de ressources humaines et matérielles dans le secteur judiciaire. Alors que la mobilisation reste forte, des manifestations en soutien aux victimes de violences sexuelles se dérouleront devant plusieurs tribunaux dans les jours à venir.







