Le 2 juillet, au terme de trois semaines d'audience marquées par des témoignages poignants et des informations inquiétantes, le parquet a requis une peine de 30 ans de réclusion criminelle à l'encontre de Marie-Thérèse Garcia, surnommée 'Ma Dalton', ainsi que son co-accusé en fuite, Antonio Marquez-Gomez. Ce dernier est jugé in absentia.
"Ce crime, exceptionnel par sa cruauté, a été perpétré il y a plus de 30 ans", a déclaré l'une des avocates générales. Romain Di Dio, fils de la victime, cherchant des réponses, risque de quitter la cour avec autant de questions qu'il n'en avait en entrant.
La thèse de Jean-Jacques Maurice
Le 19 juin 1995, Corinne Di Dio disparaît mystérieusement alors qu'elle se rendait à un rendez-vous jugé étrange. Neuf jours plus tard, son corps est retrouvé démembré dans une malle sur la Seine, mais ne sera identifié qu'en 1997. Après des enquêtes infructueuses pendant plus de deux décennies, cette affaire a enfin pris un tournant avec l'arrestation de Garcia et Marquez-Gomez en 2023.
La défense avance une piste alternative : elle évoque Jean-Jacques Maurice, un ancien braqueur qui aurait eu une relation avec la victime. Selon eux, il aurait pu rechercher une vengeance après avoir été dénoncé par Di Dio. Néanmoins, l'ADN de Maurice ne correspond pas aux éléments de l'enquête, rendant cette hypothèse douteuse, comme l'a rappelé le parquet.
Des déclarations troublantes
Les avocates générales ont aussi mis en avant des propos préoccupants tenus par Garcia en 2023, faisant écho aux circonstances du meurtre de Di Dio. Lors d'une conversation, Garcia aurait évoqué des menaces de violence, renforçant l'idée de son implication. "Ce discours paraît inquiétant et résonne avec les actes tragiques survenus", a déclaré le parquet.
De leur côté, les avocats de Garcia insistent sur le fait que ces propos ne suffisent pas à prouver la culpabilité. "Des mots ne fixent pas un coupable", a déclaré Me Jérôme Goudard, qui met en avant l'absence de mobile concret pour une telle barbarie.
À la fin de la présentation, le verdict tant attendu sera prononcé ce vendredi 3 juillet, laissant les jurés face à leur responsabilité : malgré le poids de la preuve, l'acquittement pourrait s'avérer nécessaire si le doute persiste.
Cette affaire continue d'interroger la société française sur la justice, la mémoire et les conséquences des actes d'un passé tumultueux.







