Qu'en est-il d'un retour en prison pour Eddy A.? "Pas dans l'immédiat", affirme ce vendredi 3 juillet Me Jérémy Kalfon, avocat de ce jeune homme récemment libéré par les magistrats de la cour d'appel de Rouen.
Le désormais ex-détenu, accusé de crimes, notamment de tentative de meurtre, a été remis en liberté sous contrôle judiciaire. Cette décision s'appuie sur un vide législatif laissé par le gouvernement, en réalité applicable uniquement à certains mineurs.
Pourtant, Eddy A. était majeur au moment des faits reprochés. Le parquet général évoque une "erreur manifeste d'appréciation".
"S'il y a un pourvoi en cassation, la Cour ne prendra sa décision que dans au moins deux mois et demi. Ensuite, il faudra un renvoi dans une autre chambre de l'instruction pour qu'elle puisse décider d'un possible maintien sous contrôle judiciaire", explique Me Jérémy Kalfon sur BFMTV.
Il y a un an, le Conseil constitutionnel avait annulé une disposition du Code pénal sur les mineurs, jugée trop proche de celle des majeurs. Cette loi, qui visait à empêcher la remise en liberté des mineurs accusés de crimes, a laissé le législateur dans l'inaction jusqu'au 1er juillet 2026, créant un vide que la justice a exploitée pour justifier la libération d'Eddy A., se référant à la décision des Sages.
Le contrôle judiciaire "le plus strict jamais vu"
"Mon client a dormi dans son lit, c'est déjà mieux qu'en prison... C'est une expérience positive pour lui", confie l'avocat sur notre antenne ce vendredi matin.
"Il doit maintenant vivre avec cette incertitude. Il va essayer de se réinsérer tout en sachant qu'un risque élevé de remise en détention planera sur lui dans les mois à venir", concède cependant Me Kalfon.
Eddy A., 20 ans, est accusé d'avoir tenté d'ôter la vie à deux autres jeunes lors d'une rixe alcoolisée dans la nuit du 15 au 16 janvier 2024 à Bourg-Achard. Les victimes avaient réussi à fuir malgré leurs blessures graves.
Incarcéré depuis le 19 janvier 2024, il est désormais libre sous un contrôle judiciaire très strict, avec plusieurs contraintes : interdiction de sortir entre 19h et 8h, obligation de se présenter chaque jour au commissariat, et interdiction de tout contact avec les victimes. Me Kalfon parle d'un "contrôle judiciaire le plus strict" qu'il n’ait jamais vu.
Malgré cela, le jeune homme a été libéré, même si sa dangerosité n'est pas à prendre à la légère. En janvier 2025, il avait été impliqué dans des violences graves sur son codétenu. L'administration pénitentiaire avait qualifié ces actes de "sévices". Cependant, la défense conteste cette perception de dangerosité, arguant que le jeune homme n'est pas incriminé pour des sévices.







