Le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti : une décision judiciaire qui pourrait changer la donne

Une décision clé pour les cold cases : la Cour de cassation se prononce sur la prescription.
Le meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti : une décision judiciaire qui pourrait changer la donne
Marie-Thérèse Bonfanti avait été portée disparue à l’âge de 25 ans le 22 mai 1986. DR

La Cour de cassation s'apprête à rendre un jugement crucial concernant la prescription du meurtre de Marie-Thérèse Bonfanti, un cold case élucidé 36 ans après sa disparition en Isère. La décision, attendue en début d'après-midi, pourrait établir un précédent pour des affaires similaires.

Marie-Thérèse Bonfanti avait disparu le 22 mai 1986 alors qu'elle distribuait des journaux à Pontcharra. Bien que des soupçons se soient portés sur Yves Chatain, un voisin, l'affaire avait été classée en 1987 après un non-lieu. Ce n'est qu'en mai 2022 qu'un tournant dramatique s'est produit, lorsque Chatain a reconnu avoir strangulé la jeune femme avant de cacher son corps.

La question centrale examinée par la Cour de cassation est : le délai de prescription pour un meurtre commence-t-il à la disparition de la victime ou à la révélation des faits ? Le défenseur de Chatain avance que, étant donné qu'il a longtemps dissimulé le crime, la prescription devrait s'appliquer à partir de la date des faits. En revanche, l'avocate des victimes rappelle que les restes de Marie-Thérèse, retrouvés en 2022, n'ont toujours pas été datés précisément, ce qui complique la question de la prescription.

Le procureur général, Rémy Heitz, a plaidé pour une évolution de la jurisprudence, arguant que la mémoire du crime ne devrait jamais s'effacer tant que son auteur reste dans l'ombre. Cette perspective a été accueillie avec intérêt, voire soulagement, par la famille de la victime. Thierry Bonfanti, mari de Marie-Thérèse, a exprimé son désespoir à l'idée de voir la justice tournoyer autour des délais de prescription, résumant l'émotion palpable qui entoure l'affaire.

De plus, l'affaire nous rappelle l'impact des cold cases sur les familles des victimes, qui attendent depuis des décennies une réponse. En effet, comme l'a fait remarquer l'avocat de la famille Bonfanti, Bernard Boulloud, la question n’est pas d’abolir la prescription, mais plutôt de permettre une certaine flexibilité dans les cas où des recherches restent inachevées.

Le verdict de la Cour de cassation pourrait entraîner une révision des procédures judiciaires en France concernant les cold cases, un sujet de conversation significatif dans le paysage légal actuel. Cette décision souligne l'importance d'une justice qui évolue au rythme de la société, répondant aux attentes légitimes des victimes et de leurs familles.

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