La cour criminelle du Morbihan a fait un pas décisif ce mardi 20 janvier 2026 en établissant un préjudice spécifique de "crimes sériels" pour 181 victimes de Joël Le Scouarnec. Chacune de ces personnes recevra 4 000 euros, une décision qui souligne l'impact dévastateur des actes de l'ex-chirurgien sur les vies de ses victimes. Cette reconnaissance s'inscrit dans un contexte où l'ampleur et la durée exceptionnellement prolongée du procès ont été des facteurs aggravants pour celles qui ont dû affronter cette douleur pendant trois mois.
La cour a mentionné que "la durée d'audience, qui a conduit à une exposition répétée aux violences subies, a engendré un traumatisme secondaire, spécifique et indemnisable". Louise Aubret Lebas, avocate de plusieurs victimes, a commenté sur cette avancée : "Cette décision atteste que la justice prend en compte la victimisation secondaire liée à la sérialité des crimes". Pour les victimes, le procès n’a pas seulement été un lieu de confrontation avec leur passé, mais également une source de nouvelles souffrances, exacerbées par le nombre d’accusations.
Manon Lemoine, porte-parole du collectif des victimes, a affirmé que cette décision représente "une victoire". Elle a déclaré : "La cour a reconnu l'impact psychologique et émotionnel de cette affaire. Être confronté à tant d'autres histoires de violence a rendu cette expérience encore plus traumatisante". Bien que le parcours judiciaire soit jalonné de défis et de souffrances, cette décision ouvre la voie à une indemnisation pour les victimes, qui pourront s’adresser au fonds de garantie des victimes via la Commission d’indemnisation des victimes d’infractions (Civi).
Joël Le Scouarnec, qui a été condamné en mai dernier à une peine maximale de 20 ans de réclusion pour des viols et agressions sexuelles sur des mineurs, a suscité une onde de choc au sein de la société française. Cette affaire a mis en lumière non seulement les actes odieux du prédateur, mais aussi la nécessité d'un meilleur soutien pour les victimes de crimes sexuels. Une enquête menée par France Info a récemment révélé que des systèmes de soutien plus robustes sont impératifs pour prévenir la souffrance supplémentaire des victimes.







