L'Iran a refusé, mercredi 25 mars, le plan de paix proposé par l'administration Trump. Les conditions actuelles ne favorisent pas une négociation constructive pour mettre fin aux hostilités au Moyen-Orient, d'après l'historien Jonathan Piron.
« On ne se fera pas avoir une nouvelle fois. » Les soi-disant négociations de paix entre les États-Unis et l'Iran, que Donald Trump affirme avoir initiées, sont accueillies avec scepticisme à Téhéran. Selon des sources proches des discussions, rapportées par Axios, l'Iran reste méfiant à cause des deux attaques surprises des États-Unis (durant la guerre des Douze Jours en juin et le 28 février dernier) qui ont eu lieu alors même que les deux nations discutaient.
Ces événements laissent craindre à Téhéran que l'administration américaine cherche à retarder ces pourparlers en attendant l'arrivée de troupes, prévue pour la fin de semaine, afin de mener une offensive terrestre dans le golfe Persique. Les médias iraniens, comme le journal conservateur Javan, expriment leur défiance en moquant les « mensonges » du président américain, affichant une caricature de Trump aux contours du nez de Pinocchio.
Des positions maximalistes des deux côtés
« Les négociations nécessitent une confiance mutuelle, ainsi qu'une volonté des deux parties d'en retirer quelque chose, » souligne Jonathan Piron, associé au Grip. « Or, les deux camps restent sur des positions intransigeantes. » Ce malaise se traduit par le refus de Téhéran d'accepter le plan américain en 15 points, communiqué par un médiateur pakistanais, comme l'indique Press TV, un média d'État iranien. « Ce n'est pas Trump qui décidera de la fin de la guerre; cela dépendra de la volonté de l'Iran, » affirme un responsable iranien souhaitant rester anonyme, validant la position de Téhéran déjà exprimée depuis plusieurs jours.
Le plan proposé par les États-Unis reprend des éléments déjà discutés avant le début du conflit. « L'an dernier, le régime iranien avait besoin de ces discussions pour un allègement des sanctions. Aujourd'hui, la dynamique a changé : la pression est désormais sur les États-Unis, qui veulent imperativement lever le blocus du détroit d'Ormuz, » remarque Piron.
Des tirs visant un porte-avions américain
Sur le front militaire, la tension ne faiblit pas. Selon un communiqué de la marine iranienne, des tirs de missiles ont contraint le porte-avions américain Abraham Lincoln, déployé dans le Golfe, à « changer de position ». L'armée américaine n'a pas corroboré cette déclaration. Parallèlement, les Gardiens de la Révolution, l'armée idéologique d'Iran, ont annoncé avoir mené des attaques contre le nord et le centre d'Israël, notamment la région de Tel-Aviv.
Des installations militaires américaines au Koweït, en Jordanie et à Bahreïn ont également été ciblées. Une attaque de drones a, par exemple, enflammé un réservoir de carburant au Koweït. De son côté, l'armée israélienne a intensifié ses opérations contre Téhéran, affirmant « élargir » le périmètre sous son contrôle dans le sud du Liban.
Avec AFP







