L’Égypte et le groupe énergétique italien Eni ont annoncé, mardi, la découverte d'un gisement de gaz naturel au large de ses côtes méditerranéennes. Cette nouvelle pourrait être décisive alors que le pays fait face à des défis majeurs en matière d'approvisionnement énergétique, exacerbés par un climat géopolitique tendu au Moyen-Orient.
Selon le communiqué d'Eni, les premières évaluations estiment que le gisement, localisé dans le champ pétrolier et gazier de Temsah, renferme environ deux trillions de pieds cubes de gaz, soit environ 57 milliards de mètres cubes. En outre, le ministère égyptien du Pétrole a annoncé la présence de 130 millions de barils de condensats de pétrole dans cette découverte.
Préparatifs engagés pour des tests d'exploitation
Cette découverte est intégrée dans une série d'initiatives visant à augmenter la production locale et à réduire les coûts des importations. Le ministère a précisé qu'un puits est actuellement en préparation pour des essais, suivis de forages supplémentaires et de la construction d'une plateforme de production offshore.
La guerre au Moyen-Orient a fortement perturbé les approvisionnements en gaz naturel de l'Égypte, en provenance du Qatar et d'Israël, incitant le gouvernement à adopter des mesures d'économie d'énergie. Celles-ci incluent des restrictions sur l'heure d'ouverture des commerces et des hausses tarifaires sur les carburants. Le Premier ministre Moustafa Madbouly a révélé que les coûts énergétiques mensuels du pays ont triplé en un temps record.
La situation énergétique est devenue encore plus préoccupante après qu'une découverte de gaz dans le désert, réalisée en collaboration avec Apache Corporation, a été annoncée, attestant de la quête incessante de l'Égypte pour assurer ses besoins internes tout en cherchant à se positionner comme un acteur clé sur le marché énergétique régional.
Les experts en énergie, tels que ceux de l'Institut français des relations internationales (IFRI), estiment que cette découverte pourrait non seulement stabiliser l'approvisionnement égyptien mais aussi lui permettre de renforcer ses ambitions d'exportation vers l'Europe. En effet, Ankara et Le Caire envisagent de coopérer pour acheminer ce gaz vers l'Europe, un marché en quête de nouvelles sources d'approvisionnement, surtout dans un contexte de tensions russo-ukrainiennes.







