En Allemagne, l'accès public à une base de données répertoriant les membres du Parti national-socialiste des travailleurs allemands (NSDAP) fait ressurgir la question délicate de la mémoire du nazisme. D'après l'hebdomadaire Le Point, Die Zeit a récemment mis en ligne un moteur de recherche qui permet d'accéder à 8,2 millions de fiches d'adhérents, consultables en un clin d'œil.
Ces archives couvrent la période de 1925 à 1945, une époque où environ 10,2 millions d'Allemands avaient rejoint le parti. Les historiens soulignent que ces adhésions étaient souvent le résultat de choix personnels. Ils distinguent cependant les engagements pris avant 1933, généralement façonnés par l'idéologie, des adhésions ultérieures, davantage motivées par des considérations d'opportunité après l'arrivée au pouvoir d'Adolf Hitler.
Des documents préservés par les États-Unis
La publication de ces données est largement saluée pour sa contribution à la recherche historique et à la transparence. Cependant, elle suscite des préoccupations concernant la protection de la vie privée, le moteur pouvant révéler l'identité des personnes, qu'elles soient proches ou simples connaissances.
Rescapés de la destruction à l'issue de la Seconde Guerre mondiale, ces documents ont été pris en charge par les autorités américaines avant d'être archivés et numérisés. Leur mise à disposition constitue un pas important dans le travail de mémoire en Allemagne, élargissant l'analyse au-delà des seules victimes pour inclure les implications individuelles, dans un contexte où le passé demeure un sujet sensible.







