Un récent accord franco-britannique, signé le 22 avril, mobilise 766 millions d'euros sur trois ans pour lutter contre l'immigration clandestine et les traversées illégales de la Manche. Ce texte, qui prolonge le traité de Sandhurst de 2018, vise à consolider la coopération entre les deux pays.
Après des mois de discussions ardentes, cette collaboration a abouti à un investissement conséquent de la part du Royaume-Uni. Pour la première fois, 186 millions d'euros de cette somme sont conditionnés à l'obtention de résultats tangibles dans la lutte contre les traversées illégales.
En réponse à la menace croissante, le nombre d'agents déployés sur les côtes françaises sera porté à 1 400 d'ici 2029, avec une création d'une unité spéciale de CRS dédiée à la lutte contre l'immigration clandestine. Ce dispositif sera complété par l'utilisation de drones, d'hélicoptères, et d'équipements électroniques, notamment pour contrer les « taxi-boats » qui facilitent les traversées.
Aux origines : le traité du Touquet et ses limites
Signé en 2003 à Touquet, le traité permet aux agents britanniques de contrôler les passeports sur le sol français. Cela a conduit à d'importants déséquilibres, où la France porte principalement les coûts de cette surveillance frontalière. De nombreux experts, comme la Commission nationale consultative des droits de l'homme (CNCDH), ont critiqué cette situation, la qualifiant d'injuste.
Depuis 2018, l'accent a été mis sur la sécurisation de l'Eurotunnel, ce qui a provoqué un changement des routes empruntées par les migrants, les poussant à emprunter des canots pneumatiques. Ce phénomène n'a cessé d'augmenter, affichant en 2025 un total alarmant de 41 472 traversées irrégulières.
Sandhurst, 2018 : un nouveau nom pour un rééquilibrage
Le traité de Sandhurst a été conçu pour renforcer la coopération franco-britannique et améliorer la prise en charge des mineurs non accompagnés tout en rééquilibrant les coûts. Entre 2018 et 2022, le Royaume-Uni a versé 222 millions d'euros, apportant un soutien financier significatif au dispositif français.
2023-2026 : une hausse de la contribution britannique
Lors des discussions de mars 2023, Londres a accepté d'augmenter sa contribution à 541 millions d'euros, une somme destinée à accroître les effectifs et financer de nouvelles infrastructures. Toutefois, le remboursement des dépenses engagées par la France reste un point de tension, notamment après une déclaration du ministre de l'intérieur Bruno Retailleau sur un "bras de fer" financier entre les deux pays.
Juillet 2025 : le principe « un pour un »
Lors du sommet de juillet 2025, les deux pays ont mis en place un système inédit : pour chaque migrant renvoyé au Royaume-Uni, Londres s'engage à accueillir un demandeur d'asile. Bien que ce jugement encourageant ait été instauré, son application reste limitée, affectant seulement quelques centaines de personnes.
En dépit des défis, cette initiative démontre un effort d'équilibrage des responsabilités entre Londres et Paris dans la gestion de la crise migratoire. Le besoin d'une coopération continue est davantage que jamais pressant alors que les traversées clandestines persistent.







