Ce samedi soir, la Maison-Blanche attend une ambiance particulière durant son traditionnel dîner des correspondants. Après un boycott de plusieurs années, le président américain Donald Trump a décidé de se joindre à cet événement organisé par l'association des correspondants de la Maison-Blanche (WHCA).
Cette soirée, qui rassemble des centaines de journalistes et des personnalités politiques et économiques, se déroule chaque année à la fin du mois d'avril. La tradition veut que le président assiste à un discours humoristique avant de prendre la parole lui-même, souvent avec une touche d'autodérision.
L'objectif du dîner, souvent décrit comme un "bal des premiers de la classe", est de lever des fonds pour des bourses et des prix liés à la liberté de la presse. Cependant, certains critiques estiment que cet événement révèle une culture de connivence parmi les élites.
Un discours « très divertissant » attendu
Donald Trump, qui a habilement esquivé cet événement durant sa présidence, déclare cette année que sa participation est enfin un fait : "La presse a été exceptionnellement malveillante envers moi," a-t-il déclaré via son réseau social. Pour cet événement, inversant les rôles, le WHCA a choisi d'inviter un magicien mentaliste, Oz Pearlman, à la place d'un humoriste traditionnel.
Malgré cela, selon Karoline Leavitt, la porte-parole de la Maison-Blanche, le discours de Trump sera « très divertissant ». Robert Rowland, professeur de communication à l'université du Kansas, prédit que Trump montrera sa volonté d'"exprimer ses griefs" envers les médias, soulignant une attitude qui semble refléter un sentiment d'invulnérabilité de sa part.
Relations tumultueuses avec la presse
Depuis son retour au pouvoir, Trump s'est engagé dans une guerre ouverte contre la presse. Il multiplie les attaques, tant sur le plan verbal qu'en empruntant le chemin judiciaire. La mainmise de ses alliés sur le paysage médiatique se renforce, comme en témoigne le rachat de Warner Bros Discovery par des proches de Trump.
Cette invitation à Trump, souvent perçu comme un contributeur à la division des médias, a indigné certains au sein de la presse. Des centaines de journalistes et plusieurs organisations ont signé une lettre ouverte appelant la WHCA à se lever contre une menace évidente à la tradition d'une presse indépendante.
Suspense et tension palpable
Comme l'a rapporté le magazine The Atlantic, cette édition du dîner « est particulièrement embarrassante ». Le New York Times avait auparavant choisi de couvrir l'événement à distance, lui évitant une participation directe.
En 2011, Trump avait déjà été la cible des railleries de Barack Obama lors d'un dîner où il était présent. Beaucoup pensent que c'est cet humiliant moment qui l'a poussé à vouloir s'emparer de la présidence en 2016, bien qu'il ait démenti ces affirmations à plusieurs reprises.







