Un homme d'affaires a récemment accusé Pedro Sánchez, le Premier ministre espagnol, d'avoir orchestré une "bande organisée" impliquée dans des commissions illégales, révélant un lien direct avec l'ex-ministre des Transports, José Luis Ábalos, lors d'un procès très médiatisé.
Ce procès concerne notamment l'achat frauduleux de masques durant la pandémie de Covid-19, un dossier sensible qui implique des ministères et des gouvernements régionaux du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE). L'entrepreneur, Víctor de Aldama, comparaît en compagnie d'Ábalos et de son ancien conseiller, Koldo García, qui sont tous deux en détention provisoire.
Les deux accusés se déclarent innocents, tandis que De Aldama, ayant coopéré durant l'enquête, est jugé libre. Leur situation est d'autant plus délicate car Ábalos, figure-clé de l'ascension politique de Sánchez, a été au cœur des décisions au sein de la formation.
Lors de son témoignage, Víctor de Aldama a évoqué sa rencontre avec Pedro Sánchez, par le biais de Koldo García, soulignant sa surprise face à la "proximité" entre eux. Il a révélé que García lui aurait dit : "Il (Pedro Sánchez) me doit beaucoup et il sait pourquoi." Cette déclaration suscite des interrogations sur la transparence des relations au sein du gouvernement.
L'accusation soutient qu'Ábalos a joué un rôle pivot dans l'accès aux contrats d'achat de masques, tandis que García était chargé de mettre en œuvre ces transactions, et De Aldama a orchestré la vente, empochant des bénéfices considérables. En contrepartie, Ábalos aurait reçu des fonds pour financer son train de vie, y compris des vacances en famille.
De Aldama a affirmé que certaines des sommes collectées étaient allées directement au financement du PSOE, déclarant : "Si l'on parle de hiérarchie dans cette bande organisée, M. le président du gouvernement était au premier rang." Ces accusations mettent Sánchez face à une pression politique croissante.
Sánchez a maintenu sa position, réfutant tout lien avec les activités illégales évoquées, tandis que le PSOE a qualifié les déclarations de De Aldama d'"injures" et d'"accusations sans fondement". "Il n'y a que des mensonges d'Aldama", a déclaré le parti par voie de communiqué.
Le procès, entamé le 7 avril, est prévu pour se conclure prochainement, mais il pourrait être prolongé. Les accusations ont ravivé des critiques à l'encontre de Sánchez, exacerbées par le fait que son ancien ministre a récemment été remplacé par Santos Cerdán, également visé par une enquête pour corruption.
En parallèle, des allégations concernant la femme de Sánchez, Begoña Gómez, mettent également en lumière des possibles abus de position, alors que son frère, David Sánchez, est sous le coup d'accusations de trafic d'influence. La situation reste délicate pour le gouvernement, alors que les prochains mois s'annoncent tumultueux sur la scène politique espagnole.







