Le député Renaissance Pierre Cazeneuve suggère une réduction significative des cotisations sociales, visant à accroître le salaire net de 15 millions de Français. Cependant, cette initiative serait financée par des hausses de la TVA, de la CSG et le retour de la taxe d'habitation, soulevant des questions sur une réelle diminution du fardeau fiscal.
Dans une interview récente sur France Info, Cazeneuve a évoqué la nécessité d'augmenter le pouvoir d'achat des Français. Il propose de réduire les charges sociales de manière à offrir un gain net de 210 euros par mois pour les salariés, équivalant à un treizième mois pour ceux percevant un salaire brut de 2.800 euros. Bien que cette mesure vise à réduire l'écart entre le brut et le net, elle soulève des préoccupations quant à son financement.
Le projet nécessiterait également une hausse de deux points de TVA, entraînant ainsi une augmentation des prix, ainsi que le rétablissement de la taxe d'habitation qui avait été supprimée à l'entrée d'Emmanuel Macron, ainsi qu'une majoration d'un point de la CSG. Au total, le plan pourrait entraîner un transfert fiscal atteignant cinquante milliards d'euros.
Les perdants sont les salariés du haut de l'échelle et les retraités
Concernant les bénéficiaires de cette mesure, les salariés des catégories moyennes seraient avantagés par une augmentation de leur salaire net. Cependant, ils devront prendre en compte le rétablissement de la taxe d'habitation et une inflation potentielle. À l'inverse, les personnes aux revenus plus élevés et les retraités seraient désavantagés, ne profitant pas de l'allégement des charges, tout en subissant les nouvelles hausses d'impôts.
À titre de rappel, lorsque Macron a pris ses fonctions, il avait déjà modifié les charges sociales et augmenté la CSG, entraînant des répercussions similaires, bien que moins perceptibles. Comme l'explique l'économiste Philippe Aghion dans Le Monde, "il est crucial de comprendre que chaque allègement doit s'accompagner d'une réelle maîtrise des dépenses publiques pour être réellement bénéfique". Le plan de Cazeneuve, selon plusieurs experts, pourrait faire l'impasse sur cette nécessité, laissant place à ce qu'ils désignent comme une "révolution de façade".
En conclusion, au-delà des promesses de pouvoir d'achat, cette proposition pourrait se transformer en un simple jeu à somme nulle, sans réelle efficacité sur les prélèvements et le fonctionnement de l'État. Une situation que François Lenglet a qualifiée de "Macron pur jus", soulignant la continuité des politiques fiscales sans changement véritable.







