La nouvelle politique migratoire de l'Union Européenne entre en vigueur ce 12 juin, après deux années de débats intenses. Cette réforme vise à optimiser la gestion des migrations avec des mesures telles que des contrôles renforcés aux frontières et des procédures d'asile accélérées, cependant, elle suscite des inquiétudes du côté des ONG.
Contrôles renforcés aux frontières
À partir d'aujourd'hui, l'UE introduit un système de "filtrage" des migrants à ses frontières extérieures. Les empreintes digitales, les photos et les documents d'identité des nouveaux arrivants seront enregistrés dans une base de données qui est en phase de déploiement. Ces migrants, y compris les enfants, risquent d'être placés en détention pendant un processus d'identification pouvant durer jusqu'à sept jours, un point soulevé par les organisations humanitaires qui craignent des abus.
Dépôt des demandes d'asile à la frontière
Les demandes d'asile considérées comme peu susceptibles d'aboutir, notamment celles en provenance de pays comme le Maroc ou la Tunisie, feront l'objet d'un examen à la frontière. Ce processus pourrait durer jusqu'à douze semaines, obligeant de nombreux réfugiés à une incertitude prolongée.
Un mécanisme de solidarité entre États
La réforme vise également à instaurer un mécanisme de solidarité entre les États membres pour une distribution plus équitable des demandeurs d'asile. Chaque pays de l'UE devra relocaliser un minimum de 30 000 réfugiés par an ou payer une taxe de 20 000 euros par candidat. Selon Camille Le Coz, du Migration Policy Institute Europe, cela répond à la nécessité d'une meilleure répartition, notamment après la crise migratoire de 2015-2016.
Réponse en cas de crise
La réforme intègre également des dispositions pour des situations d'afflux massif, rapidement déclenchables en cas de crise. Les règles seront assouplies pour les demandes d'asile dans ces cas exceptionnels.
Les "hubs de retour" suscitent le débat
Parallèlement, l'UE envisage d'établir des "hubs de retour", des centres pour les demandeurs d'asile déboutés, hors des frontières européennes. Des pays comme le Danemark et l'Autriche s'intéressent déjà à des emplacements potentiels, tels que le Rwanda ou l'Ouzbékistan. Cependant, cette proposition soulève d'importantes préoccupations concernant les droits humains, avec des critiques venues principalement de la gauche et d'ONG prônant un traitement éthique des migrants.







