David Hockney, le peintre britannique reconnu, nous a quittés le 11 juin à l'âge de 88 ans à Londres. En 2019, il a succombé au charme flamboyant de la Normandie et s'est établi dans le Pays d'Auge, où il restera gravé dans la mémoire de ceux qui l'ont côtoyé.
Situé à Rumesnil, près de Beuvron-en-Auge, Hockney a trouvé son havre de paix. Depuis son installation, il a régulièrement exploré la Normandie, peignant les paysages qui l’entouraient. Durant le confinement, il a eu l'occasion de capturer les saisons qui défilaient devant sa fenêtre, un temps précieux pour l'artiste où il a trouvé une source d’inspiration renouvelée.
Il aimait passer inaperçu, préférant la discrétion à la renommée. Cependant, ses visites dans les villages voisins, notamment dans les restaurants locaux, n’ont pas échappé aux habitants. Michel, un retraité belge, se souvient d’une rencontre fortuite : “Il m’a demandé mon briquet, j’ai allumé sa cigarette, et nous ne nous sommes plus quittés pendant trois jours”.Un homme discret
Michel et Hockney sont rapidement devenus amis, au point que Michel a été invité à La Grande Coure, la demeure de l’artiste. C’est là qu'il a vu pour la première fois “Les quatre saisons”, une série débutée pendant le confinement. Michel se rappelle avec tendresse de sa casquette fétiche et de ses petites lunettes rondes.
Le gérant du restaurant, Jérôme, souligne l'aspect incognito du peintre : “Ici, il était anonyme ; personne ne le reconnaissait. Même moi, jusqu’à ce qu’un client me dise qu’il s’agissait d’un grand artiste”. Jérôme évoque aussi l’aspect humble de Hockney, avec des taches de peinture sur ses vêtements, souvent en terrasse à fumer et à esquisser des croquis qu'il ne laissait jamais derrière lui.
Amoureux de la Normandie
Michel raconte que Hockney a décidé de s’installer dans la région après avoir traversé le pont de Normandie et admiré ses couleurs vibrantes. L’artiste appréciait aussi la gastronomie locale, ayant un penchant pour des plats tels que la tête de veau et les tripes, souvent accompagnés d'un verre de cidre. Jérôme conserve avec fierté une photo de lui aux côtés d'Hockney, qu’il considère comme son trésor, et envisage de mettre un ruban noir en hommage à l'artiste.
Hockney fréquentait également Beuvron-en-Auge, attirant de nombreux visiteurs dans la ville grâce à son œuvre. Judy, une retraitée anglaise, confie : “Je pense à lui dès que je marche dans ces rues, son œuvre résonne dans chaque coin.” Le maire, Jérôme Bansard, envisage déjà des moyens de rendre hommage à cet artiste qui a su capter l’essence de la Normandie.







