Climatiseurs absents, personnel épuisé et sous-effectif : la crainte d'un nouvel épisode caniculaire frappe les hôpitaux.
Malgré une récente baisse de la tension aux urgences, le niveau d’activité reste élevé, surtout à cause des exacerbations de maladies chroniques, lesquelles surgissent souvent plusieurs jours après les vagues de chaleur, comme l’a indiqué la ministre de la Santé, Stéphanie Rist, au Sénat. Météo-France a également prévu un nouvel épisode caniculaire à partir de ce week-end.
Des climatiseurs importés de l'autre bout du monde
"Nous sommes très préoccupés pour nos patients vulnérables", a déclaré Thierry Amouroux, représentant du syndicat des infirmiers hospitaliers. En effet, les soignants souffrent de la chaleur intense à l'intérieur des établissements. "Les conditions vont se détériorer alors que certains de nos collègues prennent leurs vacances," a-t-il ajouté.
Pour remédier à cette situation, le gouvernement a annoncé un déblocage d'urgence de 100 millions d'euros, destiné à acquérir 30 000 climatiseurs. Roland Lescure, ministre de l’Économie, a précisé que la majorité de ces appareils devront être importés, principalement d’Asie, en raison de l'état des stocks en France.
Les hôpitaux doivent passer leurs commandes, sachant qu'ils seront "remboursés sur facture". Thierry Amouroux a également soulevé des "contraintes techniques" liées à l'installation de ces climatiseurs, notamment en ce qui concerne les fenêtres souvent condamnées. Il a plaidé pour un équipement adéquat des Ehpad, ce qui nécessiterait un investissement d'environ 2 milliards d'euros.
Des personnels hospitaliers exténués
Yann Le Baron, secrétaire national de l’Unsa Santé-Sociaux, a dénoncé la flambée des prix des climatiseurs qui peuvent atteindre cinq à dix fois leur prix normal. "Si la prochaine canicule s'annonce terrible, nous serons contraints d'appeler nos collègues, déjà épuisés, à interrompre leurs vacances", a-t-il averti. Bien que les mesures gouvernementales soient appréciées, elles ne résolvent pas des problèmes structurels tels que le manque de personnel ou de financement.
Sylvaine Ménager, déléguée Force ouvrière du centre hospitalier de Chartres, a exprimé son inquiétude face à la préparation : "Nous ne sommes pas prêts". La semaine précédente, un droit d’alerte a été déposé en raison de "danger grave et imminent", suite à des conditions de travail insupportables où des collègues étaient en larmes en raison de leurs choix difficiles concernant les soins à apporter aux patients.
Rodolphe Verger, représentant de la CGT-Santé, a critiqué le manque d’investissements sérieux dans les infrastructures hospitalières et a souligné la colère croissante parmi les employés du secteur, constatant que "63 milliards d'euros ont été perdus en vingt-trois ans à cause de décisions politiques." Emmanuel Macron, quant à lui, a été interpellé sur la fermeture de 47 000 lits d'hôpital sur la même période.







