Dans une initiative visant à protéger les enfants et adolescents sur Internet, l'Union européenne envisage d'instaurer un accès "progressif et gradué" aux réseaux sociaux, comme l'a suggéré un groupe d'experts dans un rapport publié lundi.
« L'enfance est une période cruciale pour le développement cognitif. Les jeunes doivent interagir dans le monde réel, établir des relations et explorer leurs émotions sans que des algorithmes interfèrent », a déclaré la présidente de la Commission, Ursula von der Leyen. Elle a précisé qu'il est primordial de proposer un accès adapté en fonction des âges et a annoncé qu'elle présentera des suggestions "après l'été".
Depuis plusieurs mois, Bruxelles débat de l'idée d'implanter une "majorité numérique" au sein de l'Union, s’inspirant des mesures adoptées en Australie l’an dernier.
Déjà, plusieurs États membres, dont la France, l'Espagne, et la Suède, avancent des prohibitions ou des restrictions concernant l'accès des mineurs aux réseaux sociaux.
Cela dit, le consensus reste difficile à atteindre ; l'Estonie, par exemple, se montre réticente aux interdictions de ce type, tandis que d'autres pays n'ont pas encore pris position.
La proposition d'harmonisation des régulations à l'échelle de l'UE pourrait prévenir un ensemble disparate de règles nationales et faciliterait la tâche pour les plateformes, dont la régulation est déjà centralisée à Bruxelles, en collaboration avec les États membres.
- "Les enfants doivent être en sécurité" -
Pour enrichir cette réflexion, Ursula von der Leyen a constitué un comité dirigé par Maria Melchior, épidémiologiste française, et Jörg Fegert, universitaire allemand spécialisé en psychiatrie de l'enfant.
Les recommandations de ce comité incluent :
- Interdire l'accès aux réseaux sociaux pour les moins de 13 ans à l'échelle européenne, excepté dans un cadre éducatif ou sous la vigilance d'un parent.
- Permettre aux 13-18 ans d'accéder aux plateformes ayant mis en place un système de vérification d'âge robuste.
- Autoriser les États membres à imposer des restrictions supplémentaires au-delà de 13 ans.
- Accorder un accès complet aux personnes de 18 ans et plus, sous réserve d'une vérification pour les contenus réservés aux adultes.
« L’Europe doit impérativement adopter des mesures pour garantir la sécurité des jeunes dans le monde numérique », a insisté Maria Melchior. « Les adolescents doivent naviguer en sécurité sur les réseaux sociaux, quel que soit le service utilisé », a-t-elle affirmé.
Jörg Fegert a ajouté qu'une telle décision doit être précédée de la démonstration de la sécurité des services destinés aux mineurs. Ainsi, les fournisseurs de plateformes devraient prouver la viabilité de leurs services avant d'avoir accès au marché unique.
Bruxelles a réitéré son engagement à s'assurer que les plateformes prennent en compte le bien-être physique et mental de leurs utilisateurs, en exerçant ses prérogatives existantes. Elle a récemment ordonné à Meta de revoir les fonctionnalités d'Instagram et de Facebook jugées trop attractives, sous peine de sanctions, une mesure également infligée à TikTok au début de l'année.







