Les États-Unis ont intensifié leurs bombardements en Iran, déclenchant une réponse de Téhéran qui frappe des alliés américains dans la région. Ces frappes massives sont parmi les plus significatives depuis le cessez-le-feu du 8 avril, marquant une escalade sérieuse du conflit.
Le détroit d'Ormuz, un passage stratégique pour le commerce mondial, est au cœur de cette reprise des hostilités. Ce week-end, la République islamique a annoncé une nouvelle fermeture de cette voie maritime, faisant grimper le prix du pétrole, avec le baril de Brent du Nord atteignant rapidement 79,13 dollars, une hausse de plus de 4% après cette annonce.
Après presque 40 jours de bombardements déclenchés par des frappes israélo-américaines le 28 février, un cessez-le-feu, entériné par un protocole d'accord entre Washington et Téhéran le 17 juin, semblait établir une certaine stabilité, bien qu'avec des escarmouches persistant autour du détroit.
Des attaques contre des navires tentant de traverser Ormuz ont cependant ravivé les conflits avec une intensité que l'on n'avait pas vue depuis plusieurs semaines. En réponse à ces attaques, l'armée américaine a effectué de nouvelles frappes à partir de 00H30 heure de Téhéran, ciblant des infrastructures militaires iraniennes, y compris des systèmes de défense aérienne et des capacités de missiles, selon le commandement américain pour le Moyen-Orient (Centcom).
Les médias d'État iraniens rapportent que ces bombardements ont eu lieu principalement dans l'ouest et le sud de l'Iran, touchant des zones comme l'île de Qeshm et Bandar Abbas, avec des dommages collatéraux notables. À Mahchahr, une frappe a causé la mort d'une personne et fait quatre blessés, selon des responsables locaux.
Washington a justifié ses actions par la nécessité d'empêcher Téhéran d'attaquer des navires civils dans le détroit, une préoccupation réaffirmée à la suite de l'attaque d'un porte-conteneurs en fin de semaine.
Les autorités iraniennes ont condamné ces bombardements, les qualifiant de menace pour la paix, et ont répliqué en attaquant des bases militaires liées à l'armée américaine en Jordanie, à Bahreïn et au Koweït. Des systèmes de défense aérienne ont également intercepté des missiles iraniens, soulignant l'escalade des tensions dans la région.
Le secrétaire général de l'ONU, Antonio Guterres, a appelé à la retenue et à la reprise immédiate des négociations pour éviter une détérioration de la situation. Les tensions croissantes ont également soulevé des inquiétudes sur un retour de l'insécurité dans ce secteur vital pour le commerce international.
Rappelons que ce protocole d'accord, censé relancer le trafic maritime dans le détroit, a déjà été compromis par ces nouvelles frappes. Téhéran a signifié qu'il ne comptait pas lever la fermeture, considérant le détroit comme une priorité stratégique, tout en accusant les États-Unis de violer leur engagement et de contribuer au chaos dans cette région cruciale. "Ce passage stratégique est plus important que des dizaines de bombes atomiques, et la République islamique d'Iran le protégera", a déclaré Mohsen Rezaï, conseiller militaire du guide suprême, selon l'agence Isna.
Le Centcom, quant à lui, a rassuré en affirmant que le détroit restait ouvert et que le trafic maritime se poursuivait, malgré les tensions croissantes.







