Mille précautions ont été prises pour transporter la tapisserie de Bayeux jusqu’au British Museum de Londres, dans la nuit du 9 au 10 juillet. L'œuvre historique y sera exposée pendant plusieurs mois, suscitant la curiosité des visiteurs.
Au milieu de la nuit, un camion logistique discret s’arrête discrètement au British Museum, escorté par la police. À l'intérieur, un caisson délicatement protégé est extrait ; il abrite un trésor médiéval, la tapisserie de Bayeux.
Ce transfert, hautement sécurisé, était entouré du plus grand secret. Ce moment historique marque la première demande de prêt pour cette célèbre broderie du 9e siècle, qui raconte la conquête de l'Angleterre par Guillaume le Conquérant. Aux alentours de 3 heures du matin (2 heures, heure de Paris), le véhicule, ayant quitté Bayeux dans l'après-midi précédent, pénètre sur le site du musée. Nicholas Cullinan, le directeur du musée, accueillant l’ambassadrice de France, Hélène Duchêne, devant un groupe de journalistes captivés par cette scène mémorable.
Applaudissements à l’arrivée
À l’intérieur, la caisse contenant la tapisserie est soigneusement préparée avec une structure métallique visant à minimiser les vibrations durant le trajet. Après une manipulation experte à l’aide d’un chariot élévateur, les experts font rouler la précieuse œuvre jusqu'à l'intérieur du musée, suscitant des applaudissements enthousiastes.
« C’est quelque chose de très spécial d’assister à l’arrivée de la tapisserie de Bayeux, en particulier après tant d'années», a déclaré Nicholas Cullinan, soulignant un « moment unique ». « Nous sommes extrêmement reconnaissants envers la France […] d’avoir rendu cela possible. »
Selon le British Museum, des historiens suggèrent que la tapisserie a été confectionnée par des femmes dans la région de Canterbury, en Angleterre. Cette œuvre emblématique « fait partie intégrante de l’histoire britannique, une histoire que chacun connaît, mais que beaucoup n’ont jamais eu l’occasion de voir », a ajouté le directeur. « Par certains aspects, on pourrait dire qu’elle est de retour chez elle. Mais l'année prochaine, elle regagnera vraiment son foyer, en rentrant à Bayeux. »
« Écrire la suite » de l’histoire
Hélène Duchêne, ambassadrice de France, a qualifié ce moment d’« émouvant », saluant la collaboration entre les équipes britanniques et françaises pour cette arrivée, qu'elle a saluée comme une « prouesse technique ». « Je suis si heureuse de voir la tapisserie ici à Londres. Les opinions divergent quant à son origine—certaines personnes pensent qu’elle a été réalisée en France, d’autres à Canterbury, mais peu importe, il est temps d'écrire la suite de cette histoire », a-t-elle déclaré.
La tapisserie sera conservée dans son caisson quelques jours de plus pour s’acclimater avant son dévoilement, a précisé Millie Horton-Insch, commissaire de l’exposition qui débutera le 10 septembre et se poursuivra jusqu'au 11 juillet 2027.
Mesurant 68,3 mètres, composée de neuf panneaux de lin reliés, elle sera exposée à plat pour la première fois, offre un contraste par rapport aux conditions d'exposition habituelles en Normandie. Les premiers billets pour cette exposition ont été pris d'assaut dès leur mise en vente, témoignant de l'engouement du public.







