Connue principalement par les professionnels du secteur, l'Onera (Office national d'études et de recherches aérospatiales) célèbre cette année ses 80 ans d'existence. Souvent méconnu du grand public, cet office joue pourtant un rôle crucial dans le développement technologique de notre aéronautique et de notre spatial. Son directeur, Emmanuel Chiva, un ancien responsable de la direction générale de l'armement, résume l'envergure de l'Onera : "Nous sommes à la pointe des technologies qui évoluent dans les domaines tant civils que militaires."
Les réalisations emblématiques de l'Onera incluent entre autres la fusée Ariane, le supersonique Concorde ainsi que plusieurs avions de chasse tels que les Mirage et Rafale. Ces géants de l'aéronautique ont tous testé leurs innovations au sein de cette structure. Actuellement, l'Onera se concentre sur plusieurs projets stratégiques, dont le développement d'un nouveau missile nucléaire, l'ASN4G, qui devrait entrer en service d'ici 2035.
Le futur missile nucléaire ASN4G
Créé en 1946, l'Onera a pour mission de relancer la recherche aéronautique après la Seconde Guerre mondiale. Parmi ses nouvelles tâches majeures figure le missile Air-Sol nucléaire ASN4G, qui sera le premier à intégrer une technologie de moteur hypersonique statoréacteur, promettant une vitesse allant de Mach 6 à Mach 8. Emmanuel Chiva souligne que cela nécessite des tests intensifs sur des matériaux résistant à de telles températures. Selon des sources internes, ce missile pourrait avoir une portée de 1.000 km, renforçant ainsi la puissance de dissuasion stratégique de la France.
Des technologies de détection innovantes
Lors du salon Eurosatory, l'Onera a également mis en avant son radar passif Tapir, capable de détecter des drones en utilisant des signaux environnementaux sans émission propre. Évalué par le centre d'expertise aérienne militaire, ce système est présenté comme une avancée majeure dans la lutte contre les menaces aériennes, avec un intérêt notable de la part de l'Ukraine et d'installations civiles, telles que des aéroports. De plus, son radar transhorizon Nostradamus, situé à Crucey, révolutionne la détection à longue distance des menaces hypersoniques, en exploitant les réflexions de la haute atmosphère.
Avec des bureaux répartis dans toute la France et plus de 2.400 collaborateurs, l'Onera s'investit également dans des recherches avant-gardistes comme le gravimètre quantique Girafe, qui permet une navigation précise sans satellite. Cette innovation est déjà adoptée par la Marine française sur plusieurs de ses navires.
Réduction de la charge cognitive des opérateurs
En parallèle, l’Onera travaille sur la charge cognitive des opérateurs militaires, un aspect critique alors que les systèmes deviennent de plus en plus complexes. Plusieurs études sont menées pour améliorer l'interaction entre les drones et les pilotes, cherchant à minimiser le stress opérationnel tout en maximisant l’autonomie des drones. Bruno Berberian, l'un des responsables de ce programme, affirme : "Nous visons à créer des systèmes qui aident sans surcharger l'opérateur, notamment dans des situations où une réaction rapide est requise."
Les avancées de l'Onera illustrent l'importance d'un équilibre entre technologie immédiate et recherche exploratoire, les expertises de l'agence ouvrant la voie à un avenir aérospatial prometteur. Les investissements en R&D continuent également de bénéficier du soutien de la Direction générale de l'armement.







