Les autorités sanitaires de la République Démocratique du Congo (RDC) ont révélé, le 15 juillet, un bilan alarmant de plus de 2 000 cas d'Ebola, dont 754 décès, enregistrés depuis le mois de mai à travers cinq provinces. L'ONG Médecins sans frontières (MSF) a indiqué qu'en moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, amplifiant les craintes d’une épidémie qui échappe à tout contrôle.
Selon l’Organisation mondiale de la santé (OMS), l'épidémie causée par le variant Bundibugyo pourrait être entre deux et quatre fois plus grave que les chiffres officiels, qui montrent déjà une forte progression de la maladie. La prolifération rapide du virus inquiète les professionnels de santé, qui soulignent que cette épidémie a déjà dépassé la moitié des cas recensés lors de l'épidémie de 2018-2020, qui a duré près de deux ans.
« En moins de cinq semaines, le nombre de cas confirmés a triplé, tandis que le nombre de décès a plus que quintuplé », a déclaré MSF, soulignant ainsi le rythme « sans précédent » de cette crise. Les experts de l’OMS, en particulier Chikwe Ihekweazu, ont précisé que 80 % des nouveaux cas provenaient de « chaînes de transmission inconnues ». De plus, de nombreux patients sont décédés sans avoir eu la possibilité d'accéder à des soins médicaux appropriés.
Des mystères sur la transmission
MSF appelle à une « réponse médicale urgente ». L'épidémie a été officielle depuis le 15 mai 2023, dans une zone marquée par des violences et des tensions, notamment en Ituri, au nord-est du pays. Malgré quelques cas détectés en Ouganda voisin, la majorité des infections se concentrent encore à 90 % dans cette région de la RDC.
Pour faire face à cette menace, il n'existe actuellement aucun vaccin validé contre le variant Bundibugyo. Toutefois, la recherche avance : un essai clinique visant à tester un antiviral, Obeldesivir, a été lancé par l'OMS. Ce médicament, déjà prometteur dans des études précliniques, pourrait constituer une solution de prophylaxie post-exposition pour les personnes ayant été en contact avec des cas confirmés d’Ebola. Selon le ministère de la Santé, les résultats des premiers essais sont attendus avec impatience, alors que la communauté internationale est en alerte face à cette crise sanitaire grandissante.







