En réaction à l'accord controversé entre l'Union européenne et les pays du Mercosur, des agriculteurs français intensifient leurs actions de protestation. Dimanche soir, un barrage filtrant a été mis en place au port du Havre, ainsi qu’une opération sur l'autoroute A1, qui a rassemblé environ 150 agriculteurs mobilisés pour surveiller le flux de camions entrant et sortant du port.
Les manifestants, armés de tracteurs, cherchent à bloquer les produits alimentaires qui ne respectent pas les réglementations françaises et européennes. Selon Justin Lemaître, secrétaire général des Jeunes Agriculteurs de Seine-Maritime, “notre but n'est pas de bloquer le port, mais d’assurer que la qualité des produits reste intacte”.
Cette mobilisation fait suite à une forte démonstration de force à Paris organisée par la Coordination rurale, et à des manifestations similaires à travers l'Europe. L'accord avec le Mercosur, qui inclut l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay, est perçu par beaucoup comme une menace pour l'agriculture européenne, risquant d'introduire des produits à bas prix et moins réglementés sur le marché.
Bien que seuls deux camions aient été contrôlés dimanche à cause de l'interdiction de circulation des poids lourds durant le week-end, Lemaître a souligné que les activités portuaires devraient reprendre de plus belle dès lundi, avec l’anticipation de 5 000 camions par jour.
Dans le même temps, d’autres actions de blocage se poursuivent dans le pays. Par exemple, l’autoroute A64 au sud de Toulouse reste occupée depuis un mois. Les autorités locales, comme celle de Bayonne, ont menacé d'utiliser la force pour déloger les agriculteurs qui bloquent l’A63, une route vitale entre la France et l’Espagne.
À Savoie, des agriculteurs maintiennent des pressions sur les dépôts de carburant, provoquant d’importantes perturbations. Cette vague de mobilisation, qui a débuté il y a un mois, est clairement amplifiée par la récente approbation de l'accord Mercosur par plusieurs pays de l'UE, et son ratification dépend encore de l'issue d'un vote au Parlement européen, prévu pour février ou mars prochains.
Les agriculteurs, déjà en colère face à la gestion de la dermatose nodulaire contagieuse (DNC), voient dans cette lutte un moyen de défendre leur avenir et leur niveau de vie face aux importations à bas coût. Le Premier ministre a récemment évoqué un soutien financier de 300 millions d'euros pour le secteur agricole, mais cette réponse a été jugée insuffisante par de nombreux agriculteurs, qui appellent à une mobilisation d’envergure le 20 janvier prochain devant le Parlement européen à Strasbourg.







