Le traité de libre-échange entre l'Union européenne et Mercosur sera signé le 17 janvier au Paraguay, marquant une étape décisive après plus de 25 ans de négociations. Cette annonce, faite par la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, est accueillie avec des réactions contrastées au sein de l'UE, en particulier en France, où le mécontentement des agriculteurs ne cesse de croître.
Bruxelles a donné son feu vert à cet accord, visant à renforcer les liens économiques et diplomatiques avec les pays sud-américains, dont l'Argentine, le Brésil, le Paraguay et l'Uruguay. Cependant, cette décision a provoqué une vague de protestations de la part des agriculteurs français, inquiets des conséquences d'un afflux massif de produits agricoles à bas prix, notamment de viande bovine.
Des manifestations ont éclaté à travers l'Europe, illustrant la tension croissante autour de l'accord. La Coordination rurale, un syndicat agricole, a récemment organisé une démonstration de force à Paris, tandis que des agriculteurs ont bloqué des routes et des péages, notamment l'autoroute A1 et l'A64, pour exprimer leur frustration. Selon l'AFP, près de 150 tractors ont été mobilisés au Havre pour contrôler l'entrée et la sortie des camions, ainsi que pour s'opposer aux produits qui ne respectent pas les normes strictes des producteurs européens.
En réponse à ces tensions, le Premier ministre français Benjamin Lecornu a évoqué un plan d'assistance de 300 millions d'euros pour les agriculteurs. Toutefois, cette mesure n'a pas suffi à apaiser les craintes des professionnels du secteur, qui restent mobilisés. « Nos producteurs se battent pour maintenir des standards de qualité qui sont souvent non reconnus par les importations », a déclaré un agriculteur lors d’une interview avec Franceinfo.
La ratification de cet accord au sein du Parlement européen nécessitera encore un vote, prévu pour février ou mars prochains. À ce stade, la pression sur les décideurs politiques ne fera qu’augmenter, avec un grand rassemblement d’agriculteurs prévu devant le siège du Parlement à Strasbourg le 20 janvier. Cette situation illustre les tensions croissantes entre la nécessité d'intégration économique et la protection des secteurs vulnérables, ajoutant une complexité aux relations entre l'UE et Mercosur.
Sources : France24, AFP, Franceinfo.







