Des combats violents ont éclaté récemment dans l'est d'Alep, où les forces syriennes cherchent à reprendre le contrôle d'un secteur stratégique déjà marqué par des tensions entre groupes armés. Selon l'agence d'information officielle Sana, les Forces démocratiques syriennes (FDS), dominées par les Kurdes, ont ciblé des positions militaires syriennes ainsi que des habitations civiles près du village de Humeima, entraînant une riposte de l'armée.
Les FDS ont déclaré avoir réussi à repousser une tentative d'infiltration au village de Zubayda, situé un peu plus au sud, ajoutant que des attaques par drones de l'armée ont blessé plusieurs personnes. L'armée a, de son côté, exigé des Kurdes qu'ils se retirent vers l'est de l'Euphrate, menaçant de déclarer la région comme "zone militaire fermée" si leurs demandes n'étaient pas respectées.
Des sources ont rapporté qu'une quantité significative d'équipements militaires, dont des batteries anti-aériennes, ont été envoyés vers le front de Deir Hafer, confrontant directement les FDS. Les tensions s'épaississent alors que la responsable des relations extérieures de l'administration kurde, Elham Ahmed, accuse l'armée syrienne de préparer une "attaque à grande échelle" contre les forces kurdes, rompant ainsi un accord de paix antérieur.
Ce climat d'instabilité est le reflet d'une situation de plus en plus précaire : après avoir récemment pris le contrôle de la ville d'Alep, l'armée syrienne veut étendre son emprise sur les territoires environnants. Les Kurdes, qui ont tiré parti du chaos engendré par la guerre civile syrienne pour établir leur autorité dans le nord, se trouvent désormais sous une pression croissante.
L'ancien ministre syrien et analyste politique, Samir Aita, a déclaré à France 24 : "Les combats d'Alep ne sont pas simplement une lutte de pouvoir, mais un reflet d'une dynamique complexe entre différents acteurs régionaux qui tentent d'imposer leur vision du futur de la Syrie." En parallèle, dans la ville kurde de Qamichli, de nombreux manifestants expriment leur colère face à cette situation, appelant à la désescalade des hostilités.
Les pertes humaines déjà enregistrées s'élèvent à 105, dont 45 civils, rendant ces affrontements parmi les plus meurtriers de ces dernières semaines. Ce cycle de violence, qui touche diverses minorités à travers le pays, soulève des inquiétudes quant à l'avenir des relations intercommunautaires en Syrie alors que les institutions publiques montrent des signes d'affaiblissement.







