Une vaste opération militaire menée par les États-Unis a conduit au transfert de 150 anciens membres de l'État islamique (EI) détenus en Syrie vers des installations en Irak, alors que des combats intenses continuent de faire rage sur le terrain.
Selon deux responsables de sécurité irakiens ayant communiqué avec l'AFP, le groupe inclut des détenus de haut rang, mettant en lumière la complexité de la situation actuelle. Parmi ces prisonniers, on trouve des Européens originaires de plusieurs pays, en plus de criminels notoires issus de diverses régions.
Qui sont ces détenus ?
Les informations divulguées indiquent que le groupe transféré comprend des dirigeants de l'EI, tous impliqués dans des opérations djihadistes, incluant la prise de territoires en Irak et en Syrie lors de l'offensive de 2014. Environ 85 des prisonniers sont irakiens, tandis que les 65 autres sont d'origines variées, notamment européenne et asiatique.
L’Irak appelle au rapatriement
Le Premier ministre irakien, dans une déclaration récente, a souligné la nécessité pour les pays européens de rapatrier leurs ressortissants inculpés de crimes liés à l'EI. Malgré cela, nombre de ces pays se montrent réticents à procéder à des rapatriements, invoquant des difficultés pour établir des preuves juridiques contre les détenus, comme l'a souligné Heiko Wimmen, spécialiste de l'International Crisis Group.
Risque d’évasions de djihadistes
Les récents transferts interviennent alors que des conflits entre l'armée syrienne et les forces kurdes, jusque-là en charge des prisons, suscitent de vives inquiétudes quant à la sécurité. Cette situation pourrait faciliter des évasions. Les Forces démocratiques syriennes (FDS) ont récemment annoncé leur retrait de la plus grande prison, al-Hol, pour protéger leurs secteurs face à la menace de l'armée.
Le climat d'incertitude a conduit la Commission européenne à exprimer ses préoccupations concernant le possible échappement de djihadistes dans ce contexte chaotique.
Application de la peine de mort en Irak
Des tribunaux irakiens ont déjà imposé des peines de mort dans des affaires impliquant des membres de l'EI, y compris des combattants étrangers transférés de Syrie. En 2019, par exemple, un groupe de 11 Français avait été initialement condamné à mort, une sentence ultérieurement commuée en réclusion à perpétuité. Toutefois, des ONG critiquent les procès expéditifs et les abus, mettant en avant des violations des droits humains dans le système judiciaire irakien.







