Julien Pereira, jeune Français de 26 ans, a partagé son expérience traumatisante d'incarcération au sein des centres de détention de l'Immigration and Customs Enforcement (ICE) sur les ondes du Huffington Post. Son récit soulève des questions sur les conditions de détention et la déshumanisation subie par les immigrés.
La montée en puissance de l'ICE a fait l'objet de nombreuses critiques, particulièrement depuis le retour de Donald Trump à la Maison-Blanche. Les interventions de cette agence se sont intensifiées, ciblant notamment des zones à forte majorité démocrate, comme l'explique Le Parisien.
En janvier dernier, deux tragédies, dont la mort de Renee Good lors d'une intervention de l'ICE, ont déclenché une réaction indignée du public. Ces incidents révèlent les problèmes systémiques liés à cette agence, sur lesquels des experts s'accordent à s'inquiéter.
Son visa rendu invalide par un problème administratif
Arrivé aux États-Unis à l'âge de 17 ans, l'ambition de Julien était de poursuivre des études et de devenir joueur de tennis. Après un MBA et un emploi dans le Connecticut, il se voit offrir une nouvelle opportunité, mais un simple problème administratif va bouleverser son parcours.
En mars 2025, il apprend que son visa de travail est devenu invalide suite à des complications administratives. Désespéré, il tente de quitter le territoire, mais les autorités américaines l'interpellent à la frontière avec le Canada et le plaquent en situation illégale.
"J'ai essayé d'expliquer ma situation, mais les agents ont consulté leur base de données et ont confirmé que je n'avais pas de visa valide," raconte-t-il, illustrant la froideur du processus bureaucratique.
Après seulement deux jours dans une cellule près de la frontière, il est transféré à Buffalo, où il se souvient : "On m’a menotté comme un criminel. Ils m’ont dit que c'était la procédure." Ces mots résonnent avec la dure réalité des conditions de détention, marquées par des matelas au sol, des cris incessants, et une alimentation souvent périmée.
Une véritable usine à détenus
Le mois suivant, Julien est déplacé vers une installation en Californie, qu'il décrit comme "une gigantesque ville-prison", un terme qui décrit bien la mécanique déshumanisante de ces centres de détention. Au total, il y passera un mois, perdant jusqu'à sept kilos pendant son incarcération.
Finalement libéré sous caution après une audience, il se souvient des circonstances alarmantes de sa libération : "Lâché en pleine nuit près de la frontière mexicaine, sans papiers ni argent." Heureusement, l’aide d’une association lui a permis de retrouver une certaine sécurité.
Lors d'une audience ultérieure, la justice lui impose de quitter le pays dans un délai d’un mois. En dépit de ce retournement dramatique, Julien souhaite sensibiliser le public français sur ces réalités : "Il est faux de penser que cela n'arrive qu'aux autres ou qu'ils ne s'en prennent qu'aux Latinos." Son message est clair : la lutte contre l'injustice doit être commune à tous.







